Praet, le Kompany de la politique monétaire

©Nicolas Vadot

Les coulisses de la rédaction.

À l’image de Vincent Kompany qui revient à Anderlecht, le chef économiste de la BCE Peter Praet va revenir en Belgique. Initialement, nous a confié un de ses proches, Peter Praet ne voulait pas de fête pour son départ prévu à la fin de ce mois de mai après un mandat de 8 ans à la Banque centrale européenne à Francfort. Tout fut donc mis sur pied en quelques semaines pour ce colloque en son honneur intitulé "Monetary policy in an incomplete Monetary Union".

Certains voient déjà Praet à l’ULB où il a été chercheur et professeur.

Outre des gens incontournables comme Mario Draghi et Jean-Claude Trichet, une importante délégation belge était de la partie mercredi avec notamment Pierre Wunsch, Jean Hilgers, Jan Smets, Guy Quaden, Mathias Dewatripont (tous BNB ou ex-BNB), le contrôleur Jean-Paul Servais, les économistes Etienne de Callataÿ, Roland Gillet, William De Vijlder et Olivier Lefebvre et d’autres figures connues comme Baudouin Velge, Filip Dierckx ou encore Lieve Mostrey (Euroclear et ex-Fortis).

Quand Praet était arrivé à Francfort en 2011, il avait eu droit à ce petit clin d’œil du journal Frankfurter Allgemeine Zeitung: "Willkommen zurück", qui faisait référence à ses racines allemandes (il est né dans la région de Cologne, d’une mère allemande et d’un père belge). Cette fois, il revient en Belgique. Mais que va-t-il faire à partir du 1er juin? Il reste évasif. "J’ai quand même 70 ans", avoue-t-il en souriant. Mais certains le voient déjà à l’ULB où il a été chercheur et professeur ou encore au think tank européen Bruegel dont il a été membre du conseil d’administration. Bref, un retour aux sources. Comme Vincent Kompany.

Gouverneur et arbitre de catch

Faudra-t-il un jour équiper l’auditoire de la Banque nationale de chevaux de frise et d’autopompes? Les jours d’assemblée générale, un parfum de révolution s’empare du lieu, en contraste total avec l’atmosphère feutrée qui y règne en temps normal. Précisons tout de suite: les assemblées vivantes, les actionnaires critiques, on aime. On aurait comme un faible pour ces "petits porteurs" qui prennent le micro pour balancer ses quatre vérités à la direction, remise à sa place le temps d’une intervention bien envoyée.

A la BNB, c’est autre chose. Lundi dernier, ce n’était pas une AG. C’était un cirque.

Parfois, ils sont complètement à côté de la plaque, parfois ils tapent juste, appuyant là où ça fait mal. Ces francs-tireurs sont un remède contre l’ennui mais, surtout, ils forcent les dirigeants à rendre des comptes, à entendre des avis moins conventionnels, à sortir de leur zone de confort.

Mais à la BNB, c’est autre chose. Lundi dernier, ce n’était pas une AG. C’était un cirque. Attention, de bonnes questions y ont été posées (sur la place des femmes dans la maison notamment) mais, apparemment, les réponses étaient sans importance. Dans une indiscipline crasse, on gueule, on insulte, on coupe la parole, on prend possession de l’estrade pour, euh quoi au juste, intimider le comité de direction? Vous parlez d’un sketch.

Il a donc fallu que quelques armoires à glace se lèvent dans la salle (des policiers en civil) et se mêlent aux agents de sécurité pour former un mur entre direction et actionnaires. De quoi calmer un peu les esprits, pas longtemps. Le temps de se rasseoir et c’était reparti pour un tour d’empoignades verbales. Pendant quelques heures encore, paraît-il (oui, on avoue, on a craqué avant la fin).

C’était la première assemblée pour le nouveau gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch. Il peut ajouter une ligne sur son CV: formation accélérée en arbitrage de catch.

Le Benelux, cette force tranquille

Où il est aussi question d’un pianiste…

Le Belge Thomas Antoine a été nommé secrétaire général de l’Union Benelux en avril 2017. Avant cela, il était ambassadeur de Belgique au Luxembourg. En lisant son CV, on a l’impression de faire le tour du monde: ambassadeur de Belgique en Argentine, Uruguay et Paraguay, ambassadeur à Tunis, consul-général à Istanbul, représentant de la Belgique à l’OMC à Genève, conseiller politique à l’ambassade de Belgique à Washington, consul à Lisbonne, premier secrétaire à l’ambassade de Belgique à Téhéran…

Selon Thomas Antoine, le Brexit est l’illustration du fait que la politique étrangère est malheureusement trop souvent de la politique intérieure.

Un sacré parcours pour ce licencié en philosophie et lettres de l’UCL qui, pour la petite histoire, fut aussi… professeur de religion et philosophie dans l’enseignement secondaire supérieur au début des années 80. Présent à la tribune de l’Ecofin Club, Thomas Antoine a cité Churchill (dans une citation un peu détournée) lorsqu’il parlait de la Russie en disant qu’il s’agissait d’une sorte de devinette enveloppée d’une énigme et emballée dans un mystère. "Je pense en fait qu’il voulait parler du Brexit mais il ne le savait pas encore…"

Selon Thomas Antoine, le Brexit est l’illustration du fait que la politique étrangère est malheureusement trop souvent de la politique intérieure. Et qu’un référendum est souvent une mauvaise idée, une façon pour un Parlement de se dessaisir de ses responsabilités. Aujourd’hui, le Royaume-Uni se situe dans une crise existentielle. Il se divise tout en unifiant l’Europe qui a pu montrer sa cohésion, notamment grâce à Michel Barnier.

Et le Benelux dans tout cela? L’Union Benelux, dit-il, doit jouer son rôle de pionnier et d’exemple pour l’intégration européenne. Lorsqu’il y a des crises en Europe, ajoute-t-il, le Benelux fait office de force tranquille. Parfois, il le compare à un pianiste qui joue dans un hôtel ou un restaurant. On ne l’écoute pas toujours, mais la musique est agréable. C’est quand il arrête de jouer que les choses se compliquent et que les éclats de voix reprennent. Une force tranquille, on vous dit.

Histoire d’eau

De Blanche, d’ardeur et d’eau… Les dirigeants et actionnaires de la Brasserie Val-Dieu ont trinqué jeudi en présentant la nouvelle Blanche de Liège à quelques journalistes. Comme un de ceux-ci s’interrogeait sur l’origine du slogan commercial "Fraîcheur ardente" qui figure sur l’étiquette du breuvage, Jean-Marc Corteil, qui est actionnaire de la brasserie aux côtés de Victor BosquinRoger Gehlen et Alain Pinckaers, a convenu qu’on pouvait y voir non seulement un hommage à la Cité ardente, mais aussi un clin d’œil au groupe Ardent (casinos, immobilier…).

Les actionnaires de la brasserie siègent certes à Verviers ou au Pays de Herve, ce qui peut justifier leur ignorance, mais ils ont clairement dédié leur Blanche à la ville de Liège.

Victor Bosquin est aussi actionnaire d’Ardent, pour rappel, aux côtés des familles Léonard et Mewissen. Un clin d’œil, mais un clin d’œil seulement, a-t-il souligné, car les Léonard et les Mewissen développent leur propre bière, la Tripick, qui n’a rien à voir avec Val-Dieu… "A chacun sa bière", a conclu Corteil. Et tant qu’on est à analyser l’étiquette, pourquoi y avoir dessiné cette plongeuse? Par référence au Plongeur de Liège, dont la statue orne le port de plaisance près du pont Albert Ier, nous a-t-on répondu.

D’accord, mais quelle est l’histoire derrière cette œuvre d’art, que symbolise-t-elle? Et là, plus de réponse: les actionnaires de la brasserie n’en avaient aucune idée! Ils siègent certes à Verviers ou au Pays de Herve, ce qui peut justifier leur ignorance, mais ils ont clairement dédié leur Blanche à la ville de Liège. Ils auraient donc dû savoir, selon nous, que l’œuvre est due au coup de main de l’artiste roumain Idel Ianchelevici, et que la ville l’avait commandée pour l’Exposition de l’eau en 1939… À moins qu’ils ne le sussent, mais qu’ils eussent voulu éviter de parler d’eau…

Tête de liste, mais hors caméras

Françoise Schepmans (MR) s’est désistée en dernière minute du débat sur la chaîne BX1.

Françoise Schepmans évite ce type d’exercice depuis le débat de la RTBF où elle s’était fait "atomiser" par ses adversaires, rapportent certains de ses colistiers.

Les têtes de liste à la Région bruxelloise s’affrontaient une dernière fois avant le scrutin sur le plateau de la télé locale BX1 jeudi soir. Envoyé dans le "Cube" de la RTBF, Alain Maron (Ecolo) était remplacé par la numéro 2 Barbara Trachte. Plus surprenant, la tête de liste MR Françoise Schepmans s’est désistée en dernière minute. Sans consulter son second, Vincent De Wolf, la Molenbeekoise a fait appel à David Weytsman qui a sauté sur cette occasion (en or pour un candidat 11e de liste).

Françoise Schepmans évite ce type d’exercice depuis le débat de la RTBF où elle s’était fait "atomiser" par ses adversaires, rapportent certains de ses colistiers qui la jugent plutôt faible sur le fond des dossiers et trop hésitante sur la forme.

Jeudi soir, la libérale a donc préféré se rendre au Cinquantenaire pour un drink avec des candidats et des sympathisants. Reste à voir le résultat du scrutin.

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