Editorialiste

Comment relancer demain l’horeca

Depuis que le gouvernement d’Alexander De Croo a annoncé vendredi la fermeture des bars et restaurants pour un mois, un tsunami de critiques, parfois violentes, a déferlé de la part d’un secteur qui estime être injustement sanctionné. "Nous sommes le bouc émissaire d’une crise mal gérée", enrage le secteur.

Fallait-il fermer bistrots et brasseries pour casser la course exponentielle du coronavirus? Le gouvernement l'a estimé. Injustifié et discriminatoire, répliquent certains professionnels, se tournant vers la justice pour tenter de faire suspendre la décision gouvernementale.

Verrouiller un pan de l’économie est un aveu d’échec : on n’a pas trouvé mieux à faire. En attendant, la mesure est entrée en application. Le plus important, c’est la suite. Comment va-t-on relancer demain le secteur, gros pourvoyeur d’emplois et de chaleur humaine?

Il y a de la créativité à aller chercher ailleurs qu’à la rue de la Loi.

Des aides d’urgence ont été annoncées, pour tenter de limiter la casse. Pour faire passer la pilule d’un lockdown sectoriel impopulaire, l’autorité promet d’ouvrir le robinet de l’argent public. Mais doit-elle aider tout le monde de la même manière ? Est-il normal que certaines primes soient forfaitaires, indépendamment du chiffre d’affaires ou de l’emploi?

Et puis surtout, le gouvernement n’a-t-il pas d’autres leviers à activer? Il y a certainement des solutions à imaginer, au-delà de l’urgence, pour relancer l’horeca belge. Il n’y a pas que l’argent public, il y a la consommation (et l’épargne) privée. Il n’y a pas que le conseil des ministres, il y a les gens du métier. Ils sont bien placés pour trouver des solutions.

Il y a de la créativité à aller chercher ailleurs qu’à la rue de la Loi. C’est en substance ce que dit Frédéric Rouvez, le patron d’Exki, dans un message (très) irrité aux politiques: "Cessez de penser que vous êtes les seuls à savoir et pouvoir, appuyez-vous sur les forces positives d’une population qui attend de votre part une prise en main responsable de la crise."

On l’a dit et on le redit: arrêtons de subir. Alexander De Croo et son gouvernement disent vouloir "prouver que ce pays peut fonctionner et est capable de prendre des décisions intelligentes, rapides et efficaces." C’est le moment ou jamais de s’y mettre.

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