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Prison ferme pour Léon Lewalle, l'ex-boss de la Smap

©BELGA

L'ancien patron de la compagnie d'assurances est condamné pour tentative d'extorsion de fonds. Icare, une société qu’il dirigeait, louait des voitures de luxe. Et prêtait de l’argent à des taux usuriers.

Son appel à être condamné à une peine de travail n’aura pas été entendu. C’est bien à une peine d’un an de prison ferme que Léon Lewalle, l’ancien patron de la compagnie d’assurances Smap, vient d’être condamné par un arrêt rendu par la cour d’appel de Liège. L’ancien homme fort de la compagnie d’assurances était poursuivi pour des tentatives d’extorsion. En première instance, le tribunal correctionnel de Liège l’avait condamné à un an de prison ferme. Cette peine vient d’être confirmée en appel, toujours à Liège.

Tentatives d’extorsion

En 2004, Léon Lewalle avait été condamné à quatre ans de prison pour des détournements liés à la Smap, la compagnie d’assurances qu’il a dirigée pendant des années. Visiblement, cette première expérience n’a pas refroidi Léon Lewalle. Alors que ce dernier dirigeait Icare, une société active dans la location de voitures de luxe, il a été impliqué dans une affaire de menaces et d’extorsions de fonds. En effet, quand elle ne louait pas des voitures, la société prêtait de l’argent aux personnes confrontées à des difficultés, le tout à des taux usuriers.

Globalement, pour récupérer des créances, Léon Lewalle, via une de ses collaboratrices, avait fait appel aux services d’un "gros bras" pour aller récupérer, par la manière forte, les sommes dues. À cet égard, l’arrêt rendu le 4 septembre par la 8e chambre correctionnelle de la cour d’appel de Liège n’est pas tendre.

Il est clairement question de deux tentatives d’extorsion de fonds commises à l’aide de violences et de menaces. Une collaboratrice de Léon Lewalle a expliqué aux enquêteurs qu’elle avait été mandatée par l’ancien patron de la Smap pour récupérer les sommes dues au nom de la société. C’est cette collaboratrice qui avait pris les contacts directs avec le complice chargé de se rendre sur place. L’enquête a révélé des contacts téléphoniques entre Léon Lewalle et sa collaboratrice puis entre la collaboratrice et le complice au moment des tentatives d’extorsion.

La cour, qui reproche à Léon Lewalle d’avoir fait partie d’une association de malfaiteurs, a également relevé que l’ancien patron de la Smap avait incité son comparse à commettre des faits pour son compte tout en s’organisant "pour ne pas y participer physiquement, sans pour autant s’en désintéresser, ceci afin de courir moins de risques", peut-on lire dans l’arrêt.

"Il est nécessaire de faire prendre conscience au prévenu du caractère gravement fautif de son comportement."
Extrait de l’arrêt de la cour d’appel de Liège

Lors d’une audience qui s’était déroulée dans le courant du mois de juin, Léon Lewalle, par la voix de son avocat, avait sollicité une peine de travail. La cour a rejeté cette possibilité. "Au vu des circonstances, une peine de travail est inappropriée en raison de la nature des faits et de leur gravité. Il est en effet nécessaire de faire prendre conscience au prévenu du caractère gravement fautif de son comportement, et la mesure qu’il sollicite, en risquant de banaliser les faits dans son esprit, ne peut atteindre cet objectif", a précisé la cour d’appel.

Et les juges de poursuivre sur le même ton, expliquant que, vu la gravité des faits et compte tenu de la personnalité du prévenu, "seule une peine d’emprisonnement apparaît de nature à lui faire prendre conscience de l’anormalité de ses actes".

Compte tenu de ce qui précède, et soulignant que Léon Lewalle était en état de récidive légale, la cour d’appel a confirmé le jugement rendu en première instance par le tribunal correctionnel au début de l’année 2015: l’ancien patron de la Smap est bel et bien condamné à une peine d’un an de prison ferme. Son avocat n’était pas joignable hier pour réagir à cette information.

La cour d’appel a également confirmé le jugement du tribunal correctionnel en ce qui concerne le complice chargé de récupérer l’argent. Il avait été condamné à trois ans de prison.

 

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Confirmation de la condamnation de Léon Lewalle à un an de prison ferme

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