Procès Wesphael: l'accusé dénonce une "boucherie médiatique"

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Le procès de l'ex-député Bernard Wesphael, accusé du meurtre de sa femme, est sur le point de commencer. Alors que le jury a été tiré au sort ce jeudi au Palais de Justice de Mons, un nouvel enregistrement diffusé par RTL-TVI vient alimenter les débats, provoquant la colère de l'accusé et de son avocat.

On constituait ce jeudi matin le jury du procès en assise de l'ex député Bernard Wesphael, accusé du meurtre de son épouse Véronique Pirotton, décédée le 31 octobre 2013 dans une chambre de l'hôtel Mundo à Ostende. Les douze jurés (sept hommes et cinq femmes) amenés à suivre le procès ont été tirés au sort au Palais de Justice de Mons, ainsi que cinq suppléants. Près de 200 candidats-jurés avaient été convoqués sur place.  

Le procès, qui commencera véritablement lundi prochain et sera présidé par Philippe Morandini, s'étalera en principe sur trois semaines. Initialement prévu en février 2016, il avait été reporté notamment pour des erreurs de traduction. 

Les premiers témoins entendus, entre lundi et mercredi prochains, seront des juges d'instruction et des enquêteurs. Le jeudi, 10 experts, dont notamment quatre médecins, deux experts labo et deux médecins légistes se présenteront pour témoigner.

La deuxième semaine du procès débutera avec l'audition des témoins sur les faits et la culpabilité, ainsi que celle de deux témoins à la requête de la défense. Les témoins de moralité concernant la victime et l'accusé se succéderont ensuite à la barre jusqu'au jeudi 29 septembre. Au total, ce seront près de 90 témoins qui seront auditionnés durant les deux premières semaines du procès.

La dernière semaine sera consacrée aux plaidoiries et aux débats sur la culpabilité

→L'acte d'accusation 

Révélé ce lundi à la presse, l'acte d'accusation de 45 pages dresse notamment le profil de l'accusé, mais aussi de la victime, dont la vie a été marquée par une enfance difficile et trois tentatives de suicide. Bernard Wesphael est quant à lui décrit comme quelqu'un de "très rude, impulsif et violent mais aussi très droit".

Il s'agira surtout d'établir les circonstances du décès. Dès le début de l'affaire, Bernard Wesphael a soutenu que sa femme s'était suicidée, en s'étouffant à l'aide d'un sac plastique. Mais pour les experts judiciaires, la mort de la victime "résulte d'une mort violente avec les caractéristiques d'une compression traumatique appliquée dans la partie crâniale de la région cervicale et dans le plancher buccal en combinaison avec obstruction de la bouche et du nez". Enfin, selon la contre-expertise, la morte est plutôt le résultat d'un mélange d'alcool et de médicaments. Tout l'enjeu pour les parties sera donc de convaincre les douze jurés de la valeur des différentes hypothèses. 

La convocation de la presse ce lundi a aussi permis de fixer le cadre de la couverture médiatique du procès et de sa publicité. Celui-ci sera retransmis dans une autre salle, où les règles seront les mêmes que dans la salle d'audience, à savoir l'interdiction de l'usage de gsm, smartphones, portables ou tout autre dispositif enregistreur de sons ou d'images, a précisé le magistrat de presse. Les débats ne seront ni filmés ni enregistrés. Des prises d'images ou photographies pourront être réalisées en début d'audience.

"Comment voulez-vous être serein après une telle boucherie médiatique ?"
Bernard Wesphael

→Un nouvel enregistrement

Dans la soirée de mercredi, un nouvel enregistrement reprenant une conversation téléphonique entre Véronique Pirotton et son ancien compagnon et amant, un certain O.D., a été diffusé sur RTL-TVI, dans le cadre de l'émission Indices. Au cours de cette conversation, la victime aborde sa volonté de se séparer de son mari, à qui elle attribue des comportements violents. Des détails qui semblent contredire certains propos de Bernard Wesphael, qui affirmait jusqu'alors qu'au moment des faits sa femme désirait concevoir un enfant avec lui. 

La révélation de ces nouveaux éléments d'enquête dans les médias a provoqué la colère de l'ex-député, libéré sous conditions en août 2014 après avoir effectué 10 mois de préventive. "Je me suis fixé une ligne depuis deux ans, c’est de ne rien dire et de réserver mes propos, mes explications devant la cour d’assises et devant les jurés. Je ne vais pas déroger à cette règle. Je ne ferai aucun commentaire après, ni pendant. Je vais réserver ce que je crois être ma vérité à moi aux jurés et à la cour d’assises", a-t-il déclaré. "Comment voulez-vous être serein après une telle boucherie médiatique ?"

Jean-Philippe Mayence, avocat de Bernard Wesphael, s'est quant à lui dit "écœuré" du développement médiatique de l'affaire, à son arrivée à Mons pour le tirage au sort du jury, en évoquant entre autres la diffusion de cette enregistrement, mais également le traitement médiatique de ce dossier dans son ensemble. "Je pense qu'il y a une perte réelle de la manière dont les choses doivent se faire", a-t-il déploré.

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