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Reconfiner n'est pas une fatalité

Rédacteur en chef

Les chiffres des contaminations nous obligent à une chose: nous tenir à l’objectif que nous nous sommes fixé. Apprendre à vivre avec le virus. Et tenir. Tenir tant que notre système de soins de santé tient.

Les chiffres claquent. Si rien ne freine la tendance actuelle, la Belgique pourrait atteindre les 10.000 nouveaux cas Covid-19 par jour cette semaine. Certains experts prédisent 500 patients en unités de soins intensifs à la fin octobre et «sans doute» 1.000 en novembre. Alors, nous revoilà à jouer au football panique.

On commence par annuler le Salon automobile de Bruxelles, prévu pour janvier. Décision visible. Comme si nous n’avions déjà plus d’alternative ou d’espoir d’ici là.

Tout le monde veut l’éviter, mais la CGSP parle de refermer les écoles. La prochaine séquence? On vous la prédit, ce sera de relancer la réflexion autour d’un chômage temporaire, un outil dont nous avons pourtant de décidé de nous passer, faute de moyens.

Oui, l’eau remonte. Elle remonte de plus en plus vite. Mais recoincer les Belges dans leurs quatre murs n’est pas une fatalité.

En toile de fond, il y a ce refrain qui prend de l’ampleur au fil des heures qui passent et des rapports sanitaires qui tombent. Lockdown. Lockdown. Lockdown. Vous l’entendez? Comme si nous ne l’avions pas suffisamment anticipé cette deuxième vague sanitaire qui se rapproche. Comme si nous étions presque étonnés qu’elle soit là, prête à frapper, alors qu’on nous la promettait depuis mars. Comme si nous devions, maintenant, nous préparer au retour du pire.

Si ce scénario advient, un lockdown, ce serait un consternant aveu d’échec.  

Ce n’est pas la Fédération des entreprises belges qui le dit, pour préserver les affaires de ses membres. C’est l’OMS qui le clame par la voix du docteur David Nabarro, envoyé spécial des Nations unies pour la réponse à la crise du Covid-19, dans une intervention datant de dimanche. Avec une conclusion glaçante qui surpasse les 40 milliards d’euros de pertes permanentes que pourrait coûter à notre économie un reconfinement. Une conclusion qui, par ailleurs, doit faire réfléchir ceux qui estimeraient qu’il n’y a qu’une solution qui s’offre à nous et qu’elle est radicale. «Les lockdowns ont une conséquence que vous ne devez jamais minimiser, c’est qu’ils rendent les populations les plus pauvres encore beaucoup plus pauvres (…) La seule fois où nous pensons qu’ils sont justifiés, c’est pour vous donner le temps de vous réorganiser, rééquilibrer vos ressources, protéger votre personnel de santé qui est épuisé», tranche l’OMS.  

Oui, l’eau remonte. Elle remonte de plus en plus vite. Mais recoincer les Belges dans leurs quatre murs n’est pas une fatalité. Pas encore. Espérons-le, jamais.

Nous devons nous battre. Serrer les rangs. Monter les digues.

Gestes barrières. Masques. App.

Tracer. Tester. Soigner les financements.

En gardant l’objectif que nous nous sommes fixés en tête: apprendre à vivre avec ce virus et faire tourner le moteur tant que c’est tenable. Jusqu’au moment où notre système de soins de santé, nos hôpitaux, nos soignants, jugeront qu’ils ne peuvent humainement plus tenir.

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