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Redémarrer... en pensant autrement le travail

Le fantôme du coronavirus restera encore présent pendant des mois, voire des années. Il n'y a pas d'autre option que de trouver un mode de travail adapté.

Il sera difficile de maintenir les entreprises fermées. Et nous n'avons pas à le faire. Elles peuvent déjà redémarrer aujourd'hui. Mais en même temps, beaucoup de personnes pensent encore que l'après-corona sera pareil à l'avant-corona. Les gens semblent penser que les tests, applications et masques sont la solution à tout et que bientôt nous pourrons revenir à une façon "normale" de travailler. Rien n'est plus éloigné de la vérité.

Gretel Schrijvers. ©Mensura

La nouvelle normalité est qu'il n'y a plus de "normal". Le fantôme du coronavirus sera présent pendant des mois, voire des années. Il n'y a pas d'autre option que de trouver un mode de vie et de travail adapté. Le danger est le suivant : si nous n'abordons pas cette sortie de crise de manière réfléchie et disciplinée, nous créerons des risques inutiles ou rencontrerons des résistances. Et nous serons de retour à la case départ. Dès lors, comment aborder la sortie de la crise du Covid-19 pour en faire un succès ?

1. Considérer le "travail" de façon fondamentalement différente

De nombreuses entreprises ont maintenant découvert qu’il est possible de travailler de manière efficace différemment, grâce au télétravail et aux horaires flexibles. C’est bien, et cela ouvre des portes. Mais pour un retour au travail, nous allons devoir être encore plus créatifs.

Par exemple, manger en équipe à des heures différentes et faire des pauses pour respecter la distanciation sociale à la cafétéria. Il n’existe pas d’approche «unique» dans ce contexte. Dans de nombreuses entreprises, le redémarrage devra varier par secteur, parfois même par département ou par activité.

De plus, nous devrons revoir la manière dont les générations peuvent travailler ensemble. Au Royaume-Uni, on veut lever plus tôt le lockdown des jeunes de 20 ans, car le risque sanitaire dans ce groupe d'âge est beaucoup plus limité que pour les 50 ans. Il faut traduire ce genre d'idées "out of the box" dans le contexte du travail car nous avons besoin de cela maintenant.

2. Penser les risques différemment

Le virus a changé la donne. Chacun, chaque PDG, chaque employé, devra se faire à l'idée que le risque zéro n'existe pas. Même les emplois dits "normaux" dans les bureaux ou les usines courent désormais un risque qui n’existait pas avant la pandémie. Nous allons donc tous devoir apprendre à gérer ce risque résiduel.

Il s'agit d'évaluer où se situent les risques pour la santé des employés. Les experts scientifique et politique devront poser les balises à cet égard.

Une bonne analyse des risques est plus importante que jamais. Il s'agit d'évaluer où se situent les risques pour la santé des employés. Les experts scientifique et politique devront poser les balises à cet égard. Combien de personnes peuvent se réunir dans une pièce ? Avec combien de personnes sommes-nous "autorisés" à entrer en contact chaque jour ? Ces lignes directrices devront également être traduites dans le monde du travail.

3. Bien-être psychologique et sentiment de sécurité

On a tendance à se concentrer sur la science et la technologie comme solution à la sortie de la crise du coronavirus. Mais ce n'est que si nous nous sentons tous en sécurité sur le lieu de travail que nous pourrons réussir à redémarrer. Cela signifie que chacun devra accorder beaucoup plus d'attention au bien-être psychologique.

Cette crise est comme un duathlon : le dur labeur pour aplatir la courbe est peut-être largement derrière nous... Mais il s'agit maintenant de reprendre son vélo et de ne surtout pas perdre les pédales.

Toute personne ayant des craintes ou des doutes doit ainsi pouvoir faire appel à un médecin de travail ou au conseiller en prévention psychosociale. Et il est très important que les employeurs laissent leurs employés exprimer leurs craintes, les écoutent et cherchent ensemble des moyens de changer de comportement.

Car cette crise du coronavirus est comme un duathlon : le dur labeur pour aplatir la courbe est peut-être largement derrière nous... Mais il s'agit maintenant de reprendre son vélo et de ne surtout pas perdre les pédales.

Gretel Schrijvers
Directrice générale chez Mensura

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