Relooking sur fond de polémique pour les cartes d'identité

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Ce mardi seront dévoilées en grande pompe à Lokeren les nouvelles cartes d’identité belges. L’apparition des empreintes digitales fait polémique après une étude alarmiste de la KUL.

La phase de test du nouveau modèle de carte d’identité, qui arbore un nouveau design et comporte les empreintes digitales du porteur, débutera mardi dans certaines communes. C’est la commune de Lokeren qui donnera le coup d’envoi: le bourgmestre Filip Anthuenis (Open Vld) recevra le premier exemplaire des mains du ministre de l’Intérieur, le CD&V Pieter De Crem.

Le design actuel des cartes date de 2002. Le relooking à venir permettra à la nouvelle carte d’identité de répondre "aux règles internationales strictes qui rendent les contrôles d’identité plus efficaces", selon le SPF Intérieur. Le document présentera d’autres couleurs et la photo sera désormais à gauche. Les caractéristiques complètes seront dévoilées mardi lors du lancement officiel.

Le document renfermera désormais les empreintes digitales de son possesseur.

Par ailleurs, le document renfermera désormais les empreintes digitales de son possesseur. La Chambre avait approuvé cette mesure en novembre 2018 mais le projet avait pris du retard avec la chute du premier gouvernement Michel.

La phase de test dans 25 communes, prévue initialement pour 2019, a, elle aussi, été reportée plusieurs fois. La mesure n’est en fonction que depuis le 20 décembre et la publication d’un arrêté royal en ce sens a eu lieu. Quant à la généralisation de la nouvelle carte sur tout le territoire, elle dépendra des résultats de ladite phase et pourrait prendre plusieurs années.

L’apparition des empreintes digitales sur la pièce d’identité est une mesure controversée. La Chambre avait validé cette nouveauté malgré l’avis négatif émis par l’Autorité de protection des données (APD). En février, une étude menée par le groupe de recherche Computer Security and Industrial Cryptography (COSIC) de la KULeuven qualifiait la proposition d’"obscure, superflue, disproportionnée et particulièrement risquée".

L’association Ministry of Privacy a également lancé une campagne de financement participatif en mars afin d’enclencher une procédure auprès de la Cour constitutionnelle.

Mesure disproportionnée

L’un des reproches formulés par le groupe de recherche concerne la disproportion de la mesure, alors que les possibilités de sécurité de la précédente version n’auraient pas été exploitées à leur maximum.

"Nous n’avons pas saisi la pertinence de l’ensemble des remarques."
SPF intérieur

Le SPF Intérieur a fait savoir que l’étude de la KULeuven avait été "lue et analysée". "Nous avons pris en compte certains éléments opportuns mais nous n’avons pas saisi la pertinence de l’ensemble des remarques. Nous n’avons pas été convaincus par les arguments avancés."

Derrière ces nouvelles cartes d’identité se cache l’entreprise bruxelloise Zetes, spécialiste en la matière. L’entreprise fournit notamment les mêmes services au Portugal et dans plusieurs pays africains. Elle a en charge la personnalisation des cartes, leur fabrication, leur envoi et la gestion et intégration des données dont les fameuses empreintes digitales. Zetes a remporté ce marché en octobre 2018 mais gère en réalité les cartes d’identité de notre pays depuis 2002 et l’entrée en vigueur du nouveau format avec puce.

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