Retour à l'école, voyages autorisés: la Belgique déconfine un peu ce lundi

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Les premiers assouplissements depuis la pause pascale décrétée le 24 mars se produisent à partir de ce lundi. Ils concernent d'une part la reprise des cours à l'école et d'autre part la fin de l'interdiction des voyages non essentiels au sein de l'Union européenne.

Ce lundi 19 avril, les cours peuvent reprendre dans les écoles sous le régime en vigueur avant les vacances de printemps, soit en présentiel à 100% dans le maternel, primaire, secondaire spécial et premier degré du secondaire et à 50% dans les deuxième et troisième degrés du secondaire. Une reprise complète à 100% sera évaluée d'ici le 3 mai en comité de concertation. C'est l'option privilégiée par la task force pédiatrique, qui regroupe des experts médicaux dans le domaine. "La balance entre les bénéfices et les risques d'aller à l'école exige que les écoles rouvrent à 100% pour tous les jeunes dès que possible", plaide-t-elle dans une carte blanche publiée dans Le Soir lundi. La task force pointe notamment les "dommages considérables" causés par la fermeture des écoles sur la santé des jeunes, à court terme mais aussi probablement à plus long terme.

Dans l'enseignement supérieur, le code orange est la règle, c'est-à-dire que les activités d'apprentissage et d'évaluation en présentiel ne pourront rassembler simultanément plus de 20 % du nombre total d'étudiants de l'établissement, selon une circulaire de la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny.

Une obligation de port du masque en 5e et 6e primaires avait été brièvement d'application avant la suspension des cours. Elle n'est plus en vigueur, a confirmé dimanche la ministre de l'Enseignement, Caroline Désir, invitée du journal de RTL-TVi: "Nous avions demandé l'avis du Risk Assessment Group (l'un des groupes d'experts qui conseillent le gouvernement fédéral) et il n'y a jamais eu de consensus. Juste avant les vacances de Pâques, c'est le comité de concertation qui l'a imposée. Elle a été appliquée pendant deux jours et demi. On a reçu des camions de plaintes des parents et surtout des directions d'école qui nous ont dit: comment voulez-vous gérer ça? Des parents nous amènent des enfants sans masque, doit-on leur interdire l'accès? C'est ingérable, on ne l'impose plus".

Les voyageurs appelés deux fois à leur retour

L'interdiction des voyages non essentiels dans l'Union européenne prend fin également ce 19 avril. Elle avait été instaurée le 27 janvier après le constat que la seule recommandation n'avait pas été efficace durant le congé de fin d'année. Entre-temps, un accord de coopération a été approuvé par les différents parlements du pays. Il doit rendre effectif le contrôle des obligations de dépistage et de quarantaine imposées aux voyageurs de retour d'une zone rouge. La police pourra contrôler et sanctionner le non-respect sur la base des informations du Passenger Locator Form (PLF) que doivent remplir les voyageurs. Tant les entités fédérées que les communes ont désormais accès à la liste des personnes qui doivent se faire tester et respecter une quarantaine, des contrôles pourront donc avoir lieu.

92
À ce jour, 92 places seulement sont encore disponibles en soins intensifs dans tout le royaume.

En outre, les voyageurs seront appelés deux fois à leur retour, a indiqué la responsable de la task force testing et tracing, Karine Moykens dans les titres Sudpresse lundi. "Désormais, on va non seulement les contacter au début. Mais si au jour 5 on voit qu'ils n'ont toujours pas pris rendez-vous avec le code d'activation qu'on leur aura envoyé pour le 2e test, on les contactera à nouveau pour rappeler l'obligation du test au 7e jour".

Pour ce qui est des voyages hors de l'UE, les règles européennes restent d'application. Un avis de voyage négatif reste en vigueur.

Incertitudes pour la suite

La suite des assouplissements viendra le 26 avril avec les professions de contact et les commerces non essentiels. La troisième échéance demeure source de tension. Le 8 mai, un plan plein air doit entrer en vigueur qui autorise notamment l'ouverture des terrasses des restaurants et cafés. Le secteur Horeca, fermé depuis le mois d'octobre, est en ébullition. Certains exploitants disent ne plus croire dans les engagements des gouvernements et affirment qu'ils rouvriront le 1er mai, quoi qu'il leur en coûte.

"Le problème, c'est qu'on est dans une incertitude fondamentale par rapport à un virus qui teste notre solidarité"
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

La reprise en terrasse le 8 mai, date à laquelle en principe les plus de 65 ans auront été vaccinés, est par ailleurs assortie d'une condition: une amélioration durable de la situation aux soins intensifs des hôpitaux. Dimanche, sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi), le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a refusé de fixer un seuil chiffré à cette amélioration. Il a rappelé que, ce jour, 92 places seulement étaient encore disponibles en soins intensifs dans tout le royaume. "Je ne vais pas jouer sur les chiffres, c'est un bilan qu'il faudra faire. Le problème, c'est qu'on est dans une incertitude fondamentale par rapport à un virus qui teste notre solidarité", a souligné M. Vandenbroucke.

Le vice-Premier ministre Ecolo, Georges Gilkinet, n'a pas voulu non plus s'engager sur la date du 8 mai en rappelant qu'elle relevait d'une décision collective. Il s'est toutefois montré relativement confiant au regard de la progression de la campagne de vaccination. "Je ne vois pas quel critère nous empêcherait de le faire. Je suis assez confiant dans le fait que cela sera possible", a-t-il dit.

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