Retraites: forte mobilisation et chiffres divergents

Les syndicats ont fortement mobilisé samedi contre la réforme des retraites, sans toutefois faire mieux que la journée d'action précédente du 23 septembre, avec en toile de fond la traditionnelle querelle de chiffres sur le nombre réel de manifestants.

Autour de 2,9 millions de personnes ont défilé partout en France, a déclaré le numéro deux de la CFDT Marcel Grignard, soit "sensiblement le même nombre" que le 23 septembre. "Cette mobilisation est réussie, puisqu'elle est au minimum au même niveau (que celle du 23 septembre) et que, avec de bonnes conditions météo, on l'aurait probablement dépassé", a souligné M. Grignard.
Mais de son côté, le ministère de l'Intérieur a ramené à 899.000 le nombre de manifestants, précisant qu'il était en baisse de 98.000 par rapport au 23.
"J'aurais pu vous le dire avant, que le gouvernement allait annoncer une mobilisation en baisse", a ironisé le patron de FO, Jean-Claude Mailly.
Au soir du 23 septembre, la CFDT et la CGT avaient avancé les chiffres de 2,9 à 3 millions de manifestants, le ministère de l'Intérieur 997.000.
A Paris, 310.000 personnes ont battu le pavé, selon la CFDT Ile-de-France, parmi lesquels tous les dirigeants syndicaux et des partis de gauche, dont Martine Aubry. Elles étaient 63.000 selon la préfecture de police, à peine moins que le 23 septembre.
Samedi, une baisse du nombre de manifestants s'observait "alors même que le nombre de rassemblements en matinée était plus important que le 23 septembre", selon la place Beauvau.
Toutefois, contrairement à la dernière fois, les cortèges dans la plupart des grandes villes défilaient dans l'après-midi.
Surtout, les dirigeants syndicaux insistaient sur la venue en nombre d'"un public de nouveaux participants", tandis que d'autres avaient passé leur tour.
"C'est la preuve que la zone de mécontentement populaire s'amplifie parmi les salariés", a insisté M. Thibault.
Son homologue de la CFDT, François Chérèque, y a vu valider l'idée d'une manifestation un samedi, toutes les journées précédentes ayant eu lieu en semaine. "C'est un bon choix parce que ça permet aux personnes qui ne viennent pas d'habitude aux manifestations de venir", a-t-il dit.
Beaucoup étaient cette fois venus en famille, et l'on n'avait jamais vu autant de poussettes que samedi dans les cortèges.

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