Rien ne parvient à enrayer la fraude aux cryptomonnaies

©AFP

Près de 1.500 sites web frauduleux ont été bloqués l’an dernier.

Les autorités belges se cassent les dents sur la fraude aux cryptomonnaies sur internet. Des sites web frauduleux réussissent toujours à soutirer de l’argent à des épargnants crédules, en leur faisant miroiter des placements juteux en cryptomonnaies. Ils y parviennent à travers de fausses publicités mettant en scène, à leur insu, des personnalités connues comme l’entrepreneur Marc Coucke, la star du ballon rond Vincent Kompany ou le président de la N-VA, Bart De Wever.

La FSMA, le gendarme du marché financier, qui a déjà mis sur la liste noire 121 sites pratiquant ce type de fraude, n’hésite pas à parler de véritable fléau. "Nous essayons autant que possible de mettre en garde les gens contre de telles escroqueries, mais elles continuent à faire des victimes. "

Les fraudeurs ne font pourtant pas preuve d’une grande imagination. Depuis le début du phénomène, ils diffusent sur Facebook des publicités intégrant des déclarations fictives et des photos de célébrités locales. Les personnes qui cliquent sur ces publicités arrivent sur une page affichant un logo de média bien connu qui les renvoie vers des plateformes douteuses de négoce de monnaies digitales.

"Je m’efforce de dire partout qu’il s’agit d’une escroquerie. Je n’ai évidemment rien à voir avec cela."
Marc Coucke

La lutte contre cette fraude est très compliquée. Les escrocs opèrent au sein de réseaux internationaux tentaculaires par lesquels des dizaines de sites fictifs sont enregistrés en vrac auprès de gestionnaires de domaines anonymes. Ainsi, les fausses publicités abusant de l’aura de Marc Coucke ont été activées via une entreprise boîte aux lettres du Panama.

Le Centre pour la cybersécurité Belgique indique avoir déjà reçu, rien que pour l’an dernier, 648.522 signalements, ce qui a conduit à bloquer 1.478 sites web frauduleux, soit une moyenne de 4 faux sites par jour.

L’inspectrice principale, Tamara Carlier, de la Computer Crime Unit de la police fédérale ne s’étonne pas de l’ampleur de ces chiffres. "La fraude aux cryptomonnaies est très prisée par les escrocs. Tout simplement parce que la technologie leur permet de brouiller facilement les pistes. C’est une forme de vol numérique pour laquelle les criminels se sentent raisonnablement protégés."

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