Rouvrir son salon de coiffure signifie-t-il renoncer aux aides?

Les coiffeurs craignent qu'à la réouverture, les clients vont se ruer dans les salons, puis les éviter, comme ce fut le cas suite au premier déconfinement. ©BELGA

Les salons de coiffure sont autorisés à rouvrir dès ce samedi. Dans le chef de la fédération du secteur, on s'attend à un engouement de courte durée.

Pouvoir rouvrir leurs portes à partir de ce samedi est une bonne nouvelle pour les salons de coiffure, mais cela ne permettra pas immédiatement de remplir les caisses.

"Nous savons que nous bénéficierons tout le mois de février du droit passerelle, mais pour le futur nous n'avons aucune précision alors que ces aides seront indispensables."
Patrick Dumont
Vice-président de Febelhair

Depuis novembre, les revenus sont inexistants et les quelques mois d'activité (de juin à novembre) se sont soldés par une perte de 35 à 50% du chiffre d'affaires. Forcés à la fermeture, les coiffeurs bénéficient actuellement d'aides fédérales et régionales. Qu'en sera-t-il après la réouverture?

"Nous savons que nous bénéficierons tout le mois de février du droit passerelle, mais pour le futur nous n'avons aucune précision alors que ces aides seront indispensables", explique Patrick Dumont, vice-président de la fédération belge des coiffeurs, Febelhair.

Et donc?

À Bruxelles, les coiffeurs forcés à la fermeture depuis novembre ont pu bénéficier d'un premier acompte de 1.500 euros. "L'arrêté sur cette aide de maximum 5.000 euros est en cours de rédaction. Le montant dépendra de la perte du chiffre d'affaires subie aux trois derniers trimestres de 2020 par rapport à 2019", explique Nicolas Roelens, porte-parole de la ministre bruxelloise de la Transition économique Barbara Trachte (Ecolo). Les demandes d'aide pourraient être introduites vers le 25 février.

En Wallonie, une nouvelle aide (allant de 3.250 euros pour un indépendant sans salarié à 9.750 euros quand il y a plus de 10 salariés) a été décidée la semaine dernière pour les secteurs fermés. Les coiffeurs wallons pourront encore y prétendre, après la prime de 5.000 euros décidée en mars et celle allant de 2.250 à 6.750 euros décidée en novembre.

18.000
coiffeurs indépendants
La Belgique comptait, fin 2019, 22.144 salons de coiffure pour quelque 4.300 employeurs. Cela veut dire qu'on dénombre près de 18.000 coiffeurs indépendants sans salariés.

Pauline Bievez, porte-parole du ministre wallon de l'économie Willy Borsus (MR), rappelle aussi le "prêt ricochet" permettant de renflouer la trésorerie pour assurer ou relancer l'activité ou du "prêt coup de pouce", permettant à un proche de soutenir financièrement un indépendant. Tous deux bénéficient de la garantie de la Région.

Enfin, au niveau fédéral, outre le double droit passerelle encore applicable en février, les coiffeurs pourront bénéficier, dès mars, du nouveau droit passerelle pour perte d'au moins 40% du chiffre d'affaires (en février par rapport à février 2019). Les dispenses et reports de cotisations sociales restent de mise jusque fin juin, comme le moratoire sur les crédits.

Un avenir périlleux

Patrick Dumont n'est guère optimiste pour l'avenir du secteur. "Nous recensions, fin décembre 2019, 22.144 salons de coiffure en Belgique pour quelque 4.300 employeurs. Cela veut dire qu'on compte près de 18.000 coiffeurs indépendants sans salariés."

Tout d'abord, des faillites sont attendues à cause de l'inégalité des soutiens obtenus d'une Région à l'autre. "À Bruxelles, les primes régionales ne sont pas encore totalement mis en œuvre. En Flandre, une aide est intervenue dès le premier jour avec des montants plus conséquents et, en Wallonie, un budget supplémentaire a encore été décidé la semaine dernière."

Les grandes chaînes sont pénalisées par d'importants loyers, là où les indépendants, souvent propriétaires, souffrent du manque de trésorerie.

Ensuite, Patrick Dumont anticipe que la ruée vers les salons sera de courte durée."Sur base de nos agendas, la période s'annonce chargée jusqu'à la fin février maximum." Comme à la fin du premier confinement, il craint un essoufflement rapide des réservations compte tenu des mesures de sécurité (capacité limitée, temps de désinfection, accueil minimaliste...), du télétravail qui force les gens à rester chez eux, de la croissance du service de coiffure à domicile et des fournisseurs qui ont ouvert la vente de leurs produits "pro" aux particuliers.

Aucun acteur ne sera épargné. Les grandes chaînes sont pénalisées par d'importants loyers, là où les indépendants, souvent propriétaires, souffrent du manque de trésorerie.

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