Saint-Luc progresse dans la lutte contre le cancer

Le neurochirugien Christian Raftopoulos présentait ce mardi les résultats du traitement contre le glioblastome. ©BELGA

Le glioblastome est un cancer du cerveau incurable et des plus agressifs. Les avancées engrangées par l’équipe du neurochirurgien Christian Raftopoulos (UCL/Bruxelles) améliorent quelque peu le taux de survie de certains patients.

"Le glioblastome est un cancer lié au vieillissement", rappelle d’emblée le Pr Christian Raftopoulos, chef du service de neurochirurgie aux cliniques universitaires Saint-Luc (UCL). "Il touche principalement les hommes et les femmes âgés de 55 à 75 ans. Trois adultes sur 100.000 en moyenne. Hélas, c’est un cancer incurable. Dans les six mois du diagnostic, tout est fini pour la majeure partie d’entre eux…"

Ce type de tumeur se développe à l’intérieur du cerveau au départ des cellules gliales (qui sont distincte, mais tout aussi importantes que les neurones). Cela entraîne dans un premier temps une augmentation de la pression intracrânienne et donc une compression des zones voisines dans le cerveau. "Les symptômes de cette pathologie seront différents selon l’endroit du cerveau où les cellules se multiplient. Il peut s’agir de maux de tête, de troubles du langage, de la faiblesse d’un membre, de crises d’épilepsie, etc.", précise le chirurgien. 

"Les symptômes de cette pathologie seront différents selon l’endroit du cerveau où les cellules se multiplient. Il peut s’agir de maux de tête, de troubles du langage, de la faiblesse d’un membre, de crises d’épilepsie, etc."
Christian Raftopoulos
neurochirurgien

Les traitements sont lourds: chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie s’enchaînent le plus souvent. Avec des chances de survie à long terme (deux ans au moins) plutôt réduites: quelques pour cent des patients à peine auront cette chance. Sauf aux Cliniques Saint-Luc! L’étude que le neurochirurgien vient de publier avec son équipe sur une centaine de patients qui sont passés entre leurs mains entre 2002 et 2011 montre que, dans certaines conditions, leur taux de survie passait à 11%.

Les secrets de cette évolution positive sont à rechercher dans la stratégie et les moyens déployés au sein du service de neurochirurgie du Pr Raftopoulos. 

Tout d’abord, il y a la qualité de la chirurgie. Le pronostic de survie est meilleur si l’ablation de la tumeur est réalisée à 100%. Ce qui n’est pas des plus simples. "Bien sûr, on pourrait" couper large "quand on réalise ce genre de chirurgie", précise le médecin. "Mais nous sommes dans le cerveau. Si au final, le patient devient hémiplégique, quelle sera ensuite sa qualité de vie? Cela n’a pas de sens."

Pour réséquer au plus juste la tumeur, l’équipe de l’UCL dispose depuis 2006 d’un puissant système d’imagerie par résonance magnétique (de 3 Teslas, ce qui est énorme et unique dans le pays) en salle d’opération. En cours de chirurgie, les médecins ont ainsi la possibilité d’examiner le cerveau de leur patient en direct et d’ainsi peaufiner leur travail.

"Le risque en n’ôtant pas quasi toute la tumeur visible est que celle-ci se remet sinon à repousser immédiatement."
Christian Raftopoulos
neurochirurgien

"Le risque en n’ôtant pas quasi toute la tumeur visible est que celle-ci se remet sinon à repousser immédiatement", précise le médecin.

L’autre clé pour améliorer la survie des patients est d’ordre moléculaire. Lors de la chimiothérapie, l’équipe surveille la présence d’une mutation de la molécule "MGMT". Cette molécule, dans son état normal, "répare" l’ADN des cellules abîmées. Dans le cas d’un cancer, on ne souhaite évidemment pas que MGMT répare l’ADN des cellules malignes qui ont été attaquées par la radiothérapie. La mutation de MGMT est dès lors encouragée et surveillée.

"Avec 11% de survie à deux ans, cela montre surtout que pour chaque patient diagnostiqué, il y a une vraie lueur d’espoir."
Christian Raftopoulos
neurochirurgien

"Si ces deux conditions sont remplies, un patient atteint d’un glioblastome aura alors beaucoup plus de chance d’avoir une survie prolongée", commente le Pr Raftopoulos. C’est un véritable message d’espoir. "Cela signifie ces patients auront une espérance de vie de minimum 3 ans, pouvant même aller jusqu’à plus de 12 ans, ce qui est remarquablement supérieur à la moyenne pour les patients atteints de cette pathologie", estime le médecin. 

"Avec 11% de survie à deux ans, cela montre surtout que pour chaque patient diagnostiqué, il y a une vraie lueur d’espoir", conclut le Pr Raftopoulos.

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