Sammy Mahdi sur les sans-papiers: "Il n'y aura pas de solution temporaire pour certaines personnes"

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi a confirmé que tous les dossiers des sans-papiers qui étaient en grève de la faim seront traités individuellement et avec humanité. ©Diego Franssens

La grève de la faim observée par des sans-papiers à Bruxelles a été suspendue mercredi. Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi promet une réponse rapide.

"Il n'y aura pas de nouvelles instructions ou de solutions temporaires", a déclaré le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) ce jeudi matin, au lendemain de la suspension de la grève de la faim des sans-papiers à Bruxelles.

Sammy Mahdi a confirmé que tous les dossiers seront traités individuellement et avec humanité. Mais avec une promesse: qu'une réponse sera donnée très rapidement, a-t-il déclaré dans l'émission De Ochtend sur Radio 1.

Action suspendue

La grève de la faim observée par plus de 400 sans-papiers à Bruxelles depuis le 23 mai a été suspendue mercredi tant à l'église du Béguinage que dans les locaux des universités ULB et VUB. Ceux qui observaient également une grève de la soif ont décidé de cesser cette action. Les sans-papiers maintiennent toutefois les occupations. Des personnes ont été transférées à l'hôpital, dont certaines resteront en soins intensifs.

"Il n'y aura pas de solution temporaire pour certaines personnes. Le temporaire n'aide en rien."
Sammy Mahdi
Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration

"J'ai eu de nombreuses réunions, au cours desquelles j'ai dit à chaque fois que nous ne sommes pas à une table de négociation, mais à une table d'information", a expliqué Sammy Mahdi. L'objectif était d'informer sur le fonctionnement de la politique, mais aussi sur le fait qu'elle ne changera pas et qu'une grève de la faim n'était donc d'aucune utilité.

"Pas de solution temporaire"

Selon le Secrétaire d'État, qui se disait mercredi soulagé, il n'est pas question de nouvelles instructions. Et il n'y aura pas de solution temporaire pour certaines personnes. "Le temporaire n'aide en rien", poursuit-il.

"Il faut donner aux gens le temps de se rétablir, mais nous n'allons pas non plus leur donner une sorte de possibilité temporaire de rester ici."
Sammy Mahdi
Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration

Jeudi dernier, Sammy Mahdi avait annoncé la mise en place d'une "zone neutre" permettant aux sans-papiers d'introduire une demande de régularisation et de s'informer sur leur dossier individuel, aucune régularisation collective n'étant à l'ordre du jour.

Lundi, M. Mahdi avait désigné un envoyé spécial pour orienter les demandeurs d'asile vers les procédures existantes, alors que les alertes se multipliaient sur la détérioration de l'état de santé des grévistes. Cet envoyé spécial était Dirk Van den Bulck, commissaire général au sein du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), administration fédérale indépendante.

Pour le secrétaire d'État, il est important de souligner la distinction, dans le cas de la régularisation pour raisons médicales, entre l'analyse de la recevabilité et l'examen de fond. Dans le premier cas, un médecin rédige un certificat attestant qu'une personne n'est pas en bonne santé, ce qui peut alors être considéré comme admissible. Il y a ensuite l'examen de fond, au cours duquel le département de l'immigration examine si une personne peut recevoir un traitement dans son propre pays. 

"L'idée n'est pas de mettre quelqu'un dans un avion directement depuis son lit d'hôpital. Il faut donner aux gens le temps de se rétablir, mais nous n'allons pas non plus leur donner une sorte de possibilité temporaire de rester ici", a-t-il déclaré.

Un soulagement au sein de la Vivaldi

Cette suspension de la grève de la faim constitue un soulagement pour l'ensemble de la Vivaldi. Des tensions étaient apparues, en effet, en début de semaine, PS et Ecolo menaçant de quitter la coalition fédérale en cas de décès d'un sans-papier.

Socialistes et écologistes ont salué cette sortie de crise, le PS soulignant également le travail de la Ville de Bruxelles. "Mettre fin à la grève de la faim est la seule bonne décision", a commenté mercredi le Premier ministre Alexander De Croo.

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