Sarkozy mis en examen: coup de massue en France

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L'ancien président de la France a été mis en examen jeudi pour abus de faiblesse dans l'affaire Bettencourt.

Nicolas Sarkozy, 58 ans, a été mis en examen (inculpé) jeudi soir pour "abus de faiblesse" aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt. L'inculpation de Sarkozy, soupçonné par les juges d'avoir demandé à Mme Bettencourt de l'argent pour sa campagne présidentielle de 2007 et d'avoir ainsi commis un "abus de faiblesse", est intervenue après l'audition de l'ancien président au palais de justice de Bordeaux et sa confrontation avec plusieurs membres du personnel de la milliardaire.

• Liliane Bettencourt, 90 ans, est la femme la plus riche de France. Elle est l'héritière du géant mondial des cosmétiques L'Oréal.

L'ancien président "s'est vu notifier une mise en examen du chef d'abus de faiblesse commis en février 2007 et courant 2007 au préjudice de Mme Liliane Bettencourt Schuller", a indiqué le parquet.

Sarkozy a été confronté jeudi à au moins quatre anciens membres du personnel des Bettencourt, dont l'ex-majordome Pascal Bonnefoy, une ancienne femme de chambre, une infirmière et un autre maître d'hôtel, selon le récit qu'en a fait M. Bonnefoy à son avocat, Me Antoine Gillot, qui l'a rapporté à l'AFP.Après plusieurs heures d'audition, l'ancien président est parti du palais de justice de Bordeaux peu avant 22h00 (21h00 GMT) à l'arrière d'une voiture précédée par un véhicule de la police circulant à vive allure, a constaté une journaliste de l'AFP.

L'affaire avait été déclenchée par l'ex-comptable des Bettencourt, qui avait déclaré à la police en juillet 2010 s'être vu réclamer 150.000 euros en liquide par l'ancien homme de confiance des Bettencourt, Patrice de Maistre, début 2007. Celui-ci lui avait assuré, selon la comptable, vouloir les donner à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy.Les juges cherchent à déterminer si M. Sarkozy a commis un abus de faiblesse aux dépens de Mme Bettencourt en lui demandant de l'argent pour financer sa campagne présidentielle de 2007.

• Sarkozy a remporté l'élection de 2007 et a été battu en 2012, alors qu'il était candidat à un second mandat, par le socialiste François Hollande.Plusieurs membres de l'entourage de la milliardaire ont déclaré avoir vu M. Sarkozy à plusieurs reprises pendant la période de la campagne de 2007 et ont affirmé qu'il avait rencontré Mme Bettencourt à ces occasions.M. Sarkozy a toujours affirmé s'être rendu au domicile des Bettencourt une seule fois pendant sa campagne de 2007, pour y rencontrer brièvement André Bettencourt, le mari de l'héritière de L'Oréal, décédé en novembre de la même année.

Six mois après sa défaite à la présidentielle face au socialiste François Hollande, il avait été convoqué une première fois dans l'affaire Bettencourt par le juge en charge du dossier à Bordeaux (sud-ouest). De cette longue audition, il était ressorti avec le statut de témoin assisté, échappant à l'opprobre d'une mise en examen. Ses proches s'étaient alors réjouis de voir celui qui est de loin le préféré des sympathisants de droite disposer d'un avenir politique encore intact.

Sa vie après l'Elysée

Depuis son départ de l'Elysée, Nicolas Sarkozy, qui a mis peu ou prou la politique entre parenthèses, multiplie les conférences de par le monde, New York, Londres, Amman... Il arbore dorénavant un look décontracté et une barbe de trois jours.

Mais cet animal politique n'a pas pour autant raccroché les gants comme en témoigne la façon dont il a fait une brève incursion, sans succès certes, dans la crise qui a secoué fortement son parti, l'UMP, l'automne dernier.

A plusieurs reprises, avant sa défaite à la présidentielle, il avait néanmoins envisagé l'échec et sa vie d'après, sans politique. "Vous n'entendrez plus jamais parler de moi", avait-il même confié à la presse début 2012, une déclaration à laquelle la plupart de ses proches ne croyaient pas.

Président atypique jusqu'à la provocation, Nicolas Sarkozy a eu le don de susciter des sentiments extrêmes durant son quinquennat. Les uns louent chez cet avocat de formation, qui s'est défini comme "un petit Français de sang mêlé", une énergie et un volontarisme inlassables. Les autres le taxent d'agitation brouillonne et inefficace.

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