Si besoin, l'État viendra à la rescousse pour les "vouchers coronavirus"

Le gouvernement pourra assurer si besoin un soutien au Fonds garantie voyages, a déclaré Pierre-Yves Dermagne, interrogé sur la crise dans le secteur et le remboursement des "vouchers coronavirus". ©Photo News

À partir du 20 mars, les voyageurs pourront demander le remboursement des "vouchers coronavirus". Une épée de Damoclès de quelque 300 millions d’euros. Mais l'État interviendra si nécessaire.

Le ministre de l'économie Pierre-Yves Dermagne (PS) le promet: l'État interviendra si nécessaire pour assurer le remboursement des voyageurs qui ont bénéficié de "vouchers coronavirus". "À court terme, le gouvernement assurera le soutien nécessaire au Fonds de garantie voyages. En cas d’éventuelles faillites, les voyageurs concernés seront remboursés", a-t-il déclaré mercredi en commission à la Chambre, en réponse aux questions des députés sur l’impact de la crise sur le secteur du voyage et le remboursement desdits "vouchers".

Pour rappel, du 20 mars au 19 juin, le gouvernement Wilmès avait permis au secteur de remplacer le remboursement des voyages à forfait annulés par des "vouchers coronavirus".

Pour rappel, du 20 mars au 19 juin, le gouvernement Wilmès avait permis au secteur de remplacer le remboursement des voyages à forfait annulés par des "vouchers coronavirus", valables un an et éventuellement prolongeables six mois. On entre en zone dangereuse: les premières demandes de remboursement allant bientôt arriver, alors que le secteur est quasi à l'arrêt.

Cette épée de Damoclès est estimée à quelque 300 millions d'euros, pour ces seuls "vouchers". On ne parle pas des "bons à valoir" classiques émis après le 19 juin, ni des bons reçus par les clients pour des billets d'avion "secs" ou des hôtels réservés en direct.

355,7
millions d'euros
210.757 "vouchers corona" ont été émis au printemps, pour une valeur totale de 355,7 millions d'euros. Et peu d'entre eux ont été utilisés.

Selon les chiffres les plus récents, 210.757 "vouchers corona" ont en effet été émis au printemps, pour une valeur totale de 355,7 millions d’euros, a précisé le ministre. Et peu d'entre eux ont été utilisés.

Le problème, c'est que ces remboursements risquent de précipiter les faillites. Et le fonds de garantie voyages, qui couvre une grande partie des entreprises actives dans le secteur, n'a pas les moyens nécessaires pour couvrir tous ces vouchers.

Au-delà de l'éventuelle intervention de l'État à court terme, le cabinet Dermagne discute aussi de solutions plus structurelles avec celui d'Eva De Blekker (Open VLD), secrétaire d'État à la protection des consommateurs, et celui de Vincent Van Peteghem (CD&V), ministre des Finances. "À long terme, nous examinons une révision du système de protection contre l’insolvabilité. Nous proposerons aussi une solution concernant la problématique des vouchers", a déclaré Pierre-Yves Dermagne.

Il a aussi rappelé qu'un soutien de 30 millions d'euros à destination du secteur avait été décidé, sous forme de réductions salariales (70% du coût salarial plafonné pour 30% du personnel, valable au cours des deux premiers trimestres 2021). De quoi soulager un peu le secteur, qui doit mettre du personnel au travail pour assurer les annulations, les remboursements ou les reports de voyages, sans encaisser de revenus.

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