Solidaris veut un meilleur encadrement des tarifs d'orthodontie

©Photo News / Natacha d'Ydewalle

Un traitement pour un enfant coûte entre 632 et 775 euros en moyenne après remboursement par la mutuelle ou l’assurance. Sans compter les fréquents suppléments d’honoraires.

Quand l’enfant doit "passer aux plaquettes", c’est bien souvent "le coup de fusil" pour les parents. Les Mutualités socialistes (Solidaris) ont examiné le coût de ce type de soins pour leurs affiliés en Wallonie et demandent, dans la foulée, un meilleur remboursement par l’Inami et encadrement des prix des appareils.

Plus d’un quart (28%) des enfants de 10 à 15 ans a recours à un traitement en orthodontie. Parmi ceux-ci, un sur cinq renonce avant même la pose de l’appareil, jugeant le coût dissuasif.

D’après les données de Solidaris, le patient qui n’est pas couvert par une assurance dentaire facultative paie 775 euros de sa poche pour un traitement de 1.713 euros en moyenne, soit 45% de la facture totale. Les 55% restants sont remboursés par la mutuelle (assurance obligatoire pour 35% et assurance complémentaire de Solidaris pour 19%).

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Le patient qui a une assurance dentaire facultative paie 632 euros de sa poche sur une facture totale de 1.899 euros en moyenne, soit 33%. Le solde est couvert par l’assurance obligatoire, l’assurance complémentaire de Solidaris et l’assurance facultative souscrite par le patient.

Ces montants sont a minima car 94,3% des orthodontistes sont déconventionnés et peuvent dès lors facturer des suppléments d’honoraires.

D’un cabinet à l’autre, le prix de l’appareil peut varier considérablement. Celui-ci coûte en moyenne 1.228 euros mais, dans 5% des cas, le coût dépasse 2.000 euros. Il semble en outre que l’appareil soit systématiquement plus cher pour les enfants couverts par une assurance dentaire facultative.

775€
Le patient qui n’a pas pris d’assurance facultative paie en moyenne 775 euros de sa poche pour un traitement orthodontique ou 45% de la facture totale.

C’est pourquoi Solidaris demande un meilleur encadrement des tarifs pratiqués ainsi qu’un meilleur remboursement lorsque la pose d’un appareil répond à un besoin médical (et pas seulement esthétique). Enfin, Solidaris plaide pour un devis obligatoire et standardisé à remettre au patient afin qu’il puisse anticiper le coût.

Miser sur la prévention

Du côté des praticiens, Cathy Rigaux, présidente de l’UFOB, l’Union francophone des orthodontistes de Belgique, assure que "tous les orthodontistes fonctionnent déjà avec un devis et un plan de paiement, sauf ceux qui s’installent en Belgique avec des diplômes obtenus en Roumanie et qui, souvent, n’ont pas le niveau requis". Elle regrette que la ministre n’ait pas pris la peine jusqu’ici de se pencher sur ce problème.

Elle estime par ailleurs que le coût des appareils pourrait être diminué en misant davantage sur la prévention. Actuellement, la première visite remboursée chez l’orthodontiste est prévue à 9 ans. Beaucoup trop tard, estime Cathy Rigaux. "C’est entre 4 et 6 ans que cette visite devrait avoir lieu, car les malformations à venir sont déjà bien observables. Si on pouvait commencer les traitements orthodontiques plus tôt, on éviterait de passer par ces appareils onéreux."

Enfin, Cathy Rigaux constate que le taux de déconventionnement est déjà proche de 100% et que c’est une bonne chose. "Un orthodontiste conventionné, ça n’existe pas. Pour la simple raison que les montants des remboursements Inami n’ont plus évolué depuis quarante ans. Alors que pour les prothèses, par exemple, les remboursements ont été adaptés. L’orthodontie est le parent pauvre de l’Inami."


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