Crise sanitaire: faut-il appeler l'armée à la rescousse?

La Défense pourrait mettre du personnel médical à la disposition d'établissements hospitaliers. ©BELGA

La ministre de la Défense doit présenter ce vendredi les moyens militaires potentiellement disponibles pour aider face à la crise sanitaire.

Au moment même où l'armée demande de mettre fin au déploiement de militaires dans les lieux sensibles pour pouvoir se concentrer sur ses missions premières, voilà qu'elle est à nouveau appelée en renfort à cause du rebond de la pandémie de Covid-19. La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), doit présenter ce vendredi à ses collègues les moyens militaires potentiellement disponibles dans l'immédiat ou dans un délai plus long pour contribuer à la gestion de la crise du coronavirus.

Lors de la première vague, ce rôle de support a été relativement limité. La Défense a mis du personnel de la composante médicale à la disposition des maisons de repos submergées par le coronavirus. Elle a transporté des équipements (masques, gants et produits médicaux) depuis son dépôt central de Peutie et rapatrié des citoyens belges coincés à l'étranger. Elle a également commandé les fameux masques distribués à la population.

Vu la dégradation rapide de la situation sanitaire, les attentes vis-à-vis des militaires se font plus pressantes.

Plus d'hôpital de campagne

Pourrait-elle en faire plus? Vu la dégradation rapide de la situation sanitaire, les attentes vis-à-vis des militaires se font plus pressantes. Certains évoquent le déploiement d'hôpitaux de campagne ou l'envoi de personnel médical pour soulager les hôpitaux civils qui risquent la saturation. Dans le premier cas, cela sera difficile: la défense ne dispose plus pour l'instant d’un hôpital de campagne modulaire de type "rôle 2" (avec capacité d'intervention chirurgicale). Celui utilisé au Liban en 2006 a été déclassé. Son successeur, commandé pour un montant de 12 millions, doit arriver au début de l'année prochaine et ne sera pas opérationnel tout de suite.

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Sollicité en février pour assurer la quarantaine de Belges revenant de l'étranger, l’hôpital militaire Reine Astrid de Neder-Over-Heembeek n'est quant à lui pas conçu pour une crise sanitaire. C'est la plus grande structure d'accueil des brûlés du pays et il sert à accepter la première vague de victimes en cas de catastrophe, le temps que les établissements civils s'organisent. Un audit avait recommandé qu'il évolue et qu'il soit modernisé, éventuellement dans le cadre d'un partenariat public-privé, pour devenir un hôpital en cas de crise de grande ampleur. "Mais le dossier est resté complètement à l'arrêt, en l'absence de décision politique et par manque de moyens budgétaires", indique un connaisseur, qui ajoute qu'il "faut être réaliste. Avec un budget de la Défense minimaliste, l'outil de défense belge n’est plus du tout pensé aujourd'hui pour une opération nationale de secours en cas de catastrophe. L'intervention des militaires pourra être utile, mais sera marginale".

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