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Sortir de la bataille des experts

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Les virologues ont-ils trop de pouvoir ? Les règles sanitaires sont-elles trop strictes ? Ou pas assez ? C'est aux responsables politiques de reprendre leur rôle: prendre des décisions, les expliquer, les assumer.

Sur la gestion de la crise sanitaire, il y a à peu près autant d’avis que d’habitants dans notre pays. Chacun croit savoir, forcément mieux que son voisin, ce qu’il convient de faire en matière de masques, de confinement, de "bulle", de voyages, etc. Dans ce contexte de pandémie, les voix des "experts" en santé publique, virologie et épidémiologie sont les plus audibles. Les Van Ranst, Coppieters, Gala, André, Gilbert, Van Gucht, Vlieghe, Wathelet sont devenus des visages familiers des Belges. Problèmes : d’une part, ils ne sont pas d’accord entre eux. En fait-on trop ? Pas assez ? Les avis divergent ; d’autre part, d’autres considérations – et donc d’autres "experts" encore – entrent en jeu à mesure qu’on regarde la crise actuelle avec un angle plus large, tenant compte ainsi des aspects sociétaux, psychologiques, culturels, sociaux et économiques.

C’est au politique de trancher, c’est à lui d’opérer les choix, de les expliquer et les assumer. C’est son job. C’est pour ça qu’il a été élu.

Nous en sommes à un point où le débat d’idées, parfaitement sain dans une démocratie, a laissé la place aux injures, aux menaces et aux procès en légitimité. La conséquence est que de plus en plus de citoyens ne s’y retrouvent plus et perdent confiance dans la pertinence des mesures décidées pour lutter contre l’épidémie.

Aujourd’hui, il est plus que temps que les responsables politiques reprennent la main. Un expert peut bien entendu exprimer un avis éclairé. Il peut conseiller. C’est même souhaitable. Mais c’est au politique de trancher, c’est à lui d’opérer les choix, de les expliquer et les assumer. C’est son job. C’est pour ça qu’il a été élu. C’est pour ça qu’il est payé. Se réfugier derrière les "experts" pour conduire ce pays est un non-sens. Les politiques ne peuvent pas se défausser de leurs responsabilités par peur de l’opprobre public en cas d’erreur.

Actuellement, la stratégie politique consiste grosso modo à gagner du temps en maintenant l’épidémie à un niveau suffisamment bas. On attend un vaccin (et sans doute aussi un nouveau gouvernement fédéral, on ne sait lequel des deux arrivera en premier). Pour regagner la confiance, pour motiver la population à respecter des restrictions nécessaires, il faut un objectif – savoir où on va – et des mesures claires, argumentées, proportionnées, cohérentes, rationnelles.

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