Stopper un conducteur qui a trop bu, oui mais...

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Installer un appareil qui empêche les conducteurs ayant trop bu de prendre le volant, c'est possible. Dans les faits, seuls 25 véhicules en sont équipés en Belgique. L'IBSR paide en faveur d'une simplification de la procédure. Mais pour certains, cette sanction est tout simplement illégale.

Depuis 2010, il est possible pour les conducteurs connaissant un problème d'alcool de se voir condamnés à installer un alcolock dans leur voiture, c'est-à-dire un appareil qui les empêche de démarrer s'ils ont dépassé la limite d'alcool autorisée. Mais cinq ans plus tard, seuls 25 véhicules sont équipés de cet appareil en Belgique.

Dans les faits, les tribunaux de police ne semblent pas affectionner ce type de condamnation. Alors pourquoi ? Une des raisons est probablement son coût. Estimé à 3.500 euros sur trois ans, il est entièrement pris en charge par la personne condamnée. Par ailleurs, la réticence des tribunaux à prononcer cette peine est aussi due à l'impact lourd que celle-ci peut avoir sur la vie professionnelle du condamné.

L'alcolock c'est "pour leur propre sécurité, mais aussi pour la sécurité des autres usagers de la route qui ne doivent pas être mis en danger".
Karin Genoe
Directrice générale de l'IBSR

• Une sanction illégale

Le magistrat Peter D'Hond formule également des objections juridiques. Il existe d'après lui un "conflit" entre l'application de la loi sur l'alcolock et l'application d'un article de la circulation routière. Une personne ayant des problèmes d'alcool doit, selon lui, être considérée comme "psychiquement inapte." Elle aurait donc la possibilité de revenir prouver qu'elle a réussi à contenir son addiction. Le magistrat l'assure, "celui qui prononce un tel jugement, impose de fait une sanction illégale ou, à tout le moins, applique de façon incomplète la loi pénale."

De son côté, l'Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) plaide en faveur d'une simplification de la procédure d'installation d'un alcolock. L'institut trouve en effet que davantage de conducteurs connaissant un problème d'alcool devraient bénéficier d'un alcolock. "Pour leur propre sécurité, mais aussi pour la sécurité des autres usagers de la route qui ne doivent pas être mis en danger", estime Karin Genoe de l'IBSR. 

Selon elle, le modèle à suivre est celui des Pays-Bas. Là-bas, l'installation d'un alcolock relève d'une simple décision administrative et tout conducteur contrôlé avec un certain niveau d'alcool dans le sang se voit imposer automatiquement un alcolock.


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