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Toucher au droit de grève, c'est sur table

Verra-t-on le pays à l’arrêt d’ici la fin de l’année?Les syndicats y pensent sérieusement.Avec des règles inchangées en matière de droit de grève. ©BELGA

Les syndicats s’apprêtent à lancer un nouveau tour d’actions où se mêleront manifestations et grèves ponctuelles. Avant d’éventuellement lancer une grève générale. En parallèle devrait pourtant se négocier une réforme visant à "moderniser le droit de grève". Mais le dossier reste au point mort.

Ca va tirer dans tous les coins de la Belgique mardi prochain, le 2 octobre. Les syndicats mobilisent en front commun contre la réforme des pensions. Ils n’ont pas décidé d’une grève générale, mais d’actions ciblées. Les militants qui se joindront au mouvement seront couverts par une indemnité de grève. Il y aura donc bien des travailleurs en grève mardi prochain. Et les syndicats espèrent évidemment qu’il y en aura beaucoup.

De grève générale, il pourrait par contre bien en être encore question d’ici la fin de l’année. La FGTB doit tenir, en octobre, un comité fédéral durant lequel le syndicat pourrait mettre sur la table une proposition de grève générale. Tout est possible. Et si cela devait arriver, la grève aura lieu sans qu’ait été modernisé le droit de grève, un engagement qu’avait pourtant pris le Groupe des dix (les représentants patronaux et syndicaux). Le débat sur la question avait été relancé après les débordements lors des grèves d’octobre 2015, et le point avait été inscrit dans les tâches à remplir par le G10 lors du dernier accord interprofessionnel 2017-2018. Deux ans plus tard, donc, à la veille de s’atteler à la rédaction du prochain accord, on est encore nulle part.

Pas de mandat

Lors de la dernière réunion du Groupe des dix, la semaine dernière, les syndicats auraient à nouveau demandé au banc patronal de reporter le point à l’ordre du jour, estimant – et pour cause – que le climat n’était pas propice à la négociation. "Ils sont venus à la table en nous disant clairement qu’ils n’avaient pas de mandat", explique l’un des représentants patronaux.

Et pourtant, à la fin du printemps dernier, le Premier ministre Charles Michel en personne avait sommé les partenaires sociaux d’avancer sur le dossier et réviser le gentlemen agreement de 2002. Faute de quoi le gouvernement reprendrait la main. L’autre risque étant que de plus en plus de conflits sociaux finissent devant les tribunaux.

"Si on rencontre ces revendications-là, pour nous cela suffira pour dire que l’on a modernisé le droit de grève."
Pierre-Frédéric Nyst
Président de l’UCM

Dans un cas comme dans l’autre, ni les patrons ni les syndicats ne sont prêts à laisser filer ce dossier. Les syndicats auraient même admis eux-mêmes, après les événements de l’automne 2015, qu’un certain nombre d’actes n’étaient pas acceptables dans le cadre d’une grève. Et pourtant, rien n’avance… Ou en sont les positions?

Comme souvent au sein du G10, le dialogue est compliqué par des avis diamétralement opposés. D’un côté, le banc patronal propose trois points concrets: reconnaître l’interdiction des piquets bloquant comme un abus du droit de grève, recadrer et préciser les règles à respecter pour l’annonce d’une grève qui, aux yeux des patrons, fait de plus en plus souvent l’objet d’un laxisme des syndicats, et enfin nommer une personne responsable sur les piquets de grève, afin qu’elle soit identifiable immédiatement et appelable en cas de problème.

"Si on rencontre ces revendications-là, pour nous cela suffira pour dire que l’on a modernisé le droit de grève", dit Pierre-Frédéric Nyst, le président de l’UCM.

Ce n’est pourtant pas gagné. car sur le banc syndical, c’est l’option du statu quo qui domine le débat. La condamnation, en juin dernier, d’un responsable de la FGTB devant le tribunal d’Anvers a encore durci les positions syndicales. La FGTB, soutenue par la CSC, a réaffirmé qu’il était hors de question, pour eux, de restreindre le droit de grève. Et donc d’apporter une quelconque modification au gentlemen agreement actuel tels que le veulent les patrons.

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