"Travailler à mi-temps et gagner 190.000 euros, certains trouvent ça beaucoup?"

Credibe, qui gère l’héritage de l’ancien Office Central de Crédit Hypothécaire, est une coquille vide. Son patron, Eric De Keuleneer, perçoit une rémunération annuelle de 190.000 euros.

Dans la foulée des scandales Publifin en Wallonie et Publipart en Flandre, des feux orange ont clignoté au gouvernement fédéral, qui a cherché à savoir s’il existait des cas comparables à son niveau. Il a découvert Credibe, l’institution qui gère l’héritage de l’ancien Office Central de Crédit Hypothécaire (OCCH), aux mains de la Société Fédérale de Participations et d’Investissement, le holding public qui gère les participations de l’Etat. Credibe, née de l’ancien OCCH, une institution de crédit rentable dans les années ’80, est une coquille vide.

Au début des années’90 – à la suite de la baisse des taux et à la demande des clients de renégocier leurs emprunts – toutes les activités rentables ont été vendues. Malgré tout, les patrons de cette coquille vide sont grassement rémunérés: 

-> L’administrateur-délégué, Eric De Keuleneer, reçoit une rémunération annuelle de 190.000 euros brut pour un travail à temps partiel, soit le même montant qu’un président de société du Bel 20.

-> Le président du conseil d’administration de Credibe, Marc De Pauw, peut compter chaque année sur une rémunération de plus de 37.000 euros.

-> Les six administrateurs reçoivent chacun 15.000 euros par an.

-> L’institution emploie également un commissaire du gouvernement.

380.000euros
C’est le montant de la prime de licenciement que recevra Eric De Keuleneer si Credibe est finalement démantelée.

Après la commotion provoquée par Publipart, les autorités ont décidé de mettre fin dès à présent aux rémunérations des administrateurs, et à partir de la mi-2018 au plus tard, à celles de l’administrateur-délégué et du président.

D’ici là, Credibe devrait être démantelée. Selon nos informations, si De Keuleneer est remercié, il devra faire une croix sur sa prime de licenciement équivalente à deux ans de salaire, soit 380.000 euros. D'ici là, son salaire devra également être diminué.

3 questions à Eric De Keuleneer

1. Vous travaillez à mi-temps et gagnez annuellement 190.000 euros. Qu’en pensez-vous?

"Certains trouvent que c’est beaucoup? Tout le monde peut le penser, mais je ne trouve pas que ce soit super bien payé. Ces 190.000 euros ne représentent qu’une partie ce que je gagnais au début de ma carrière au Credibe. A mesure que les activités ont été réduites, mon salaire a diminué de façon systématique. De plus, ce montant comprend les cotisations patronales."

2. Ne trouvez-vous pas que ce soit beaucoup par rapport à la taille limitée de Credibe?

"Regardez, j’ai eu plusieurs opportunités pour aller travailler ailleurs et mieux gagner ma vie. Mais je suis resté. Parce que je me sens bien, parce que l’actionnaire m’a demandé de rester pour faire avancer Credibe dans des périodes difficiles, mais aussi parce que je voulais gérer soigneusement et correctement l’extinction de Credibe."

3. Pourquoi Credibe ne pourrait-il pas être dissolu plus rapidement?

"Si le règlement avait permis d’être plus rapide, nous l’aurions fait. Mais nous devions rester à bord tant que la situation à Staten Belgium n’était pas stabilisée. Le retrait graduel de Credibe s’est déroulé sans bain de sang social et de façon sobre et efficace. Ce n’est pas sans importance. Vous devez regarder la situation à long terme."

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