analyse

Trois questions à trancher pour la vaccination

Israël a déjà commencé la vaccination des 12-15 ans, tout comme les États-Unis ou l'Italie. ©AFP

Après avoir autorisé celle des 16-17 ans, la Belgique lancera-t-elle la vaccination des 12-15 ans? Le Conseil supérieur de la santé planche sur le sujet; son avis est attendu pour la fin du mois.

Ainsi va, depuis ses premiers pas, la campagne de vaccination. Évolutive, s'adaptant au rythme d'autorisation et de livraison des doses, des connaissances accumulées au fil du temps qui passe et des flopées de millions d'injections effectuées de par le monde.

À vrai dire, une bonne série de questions cruciales ont déjà reçu réponse. Seulement voilà, il semble toujours en survenir de nouvelles. En Belgique, pour l'heure, il en reste essentiellement trois en suspens – en sachant que la donne est mouvante. Faisons le point.

1. Les derniers pas d'AstraZeneca?

En Wallonie, à partir de ce lundi, on n'injecte plus d'AstraZeneca en première dose, rapporte Sudpresse. Du moins temporairement. C'est exact, et la raison est logistique, explique-t-on au cabinet de la ministre de la Santé Christie Morreale (PS). Rien à voir, donc, avec l'efficacité du vaccin. Simplement, la Wallonie réserve le stock disponible pour la valse des secondes doses à venir. Sur les quelque 415.000 vaccinations déjà effectuées avec AstraZeneca, environ 359.000 secondes doses doivent encore être administrées.

359.000
Secondes doses
Sur les quelque 415.000 vaccinations déjà effectuées avec AstraZeneca en Wallonie, environ 359.000 secondes doses doivent encore être administrées.

Logistique toujours: il est question qu'un certain nombre de centres retournent à leur affectation première – hall sportif ou centre culturel – fin août. Avec un délai de huit semaines entre les deux doses, ceux-là devaient de toute façon se détourner d'AstraZeneca d'ici à la fin juin.

"À Bruxelles, 95% des livraisons d'AstraZeneca sont réservées pour les secondes doses."
La Cocom

À Bruxelles aussi, l'AstraZeneca tourne en sous-régime. Depuis trois semaines, 95% des livraisons sont réservées aux secondes doses, seul un petit stock de 5.000 doses est écoulé petit à petit auprès des plus de 41 ans. Et en Flandre? La question ne se pose pas encore, le nord du pays traversant moins prestement les classes d'âge.

2. Des volontaires de moins de 41 ans?

Fin avril, face au risque (minime) de thrombose sévère associée à un déficit de plaquettes, la Belgique décidait de réserver l'AstraZeneca aux personnes âgées de 41 ans et plus. Fin mai, le Johnson & Johnson prenait, provisoirement, le même chemin. Qu'en est-il pour la suite?

La Belgique se tâte: dans cette course contre les variants, ne serait-il pas opportun de vacciner le plus de monde le plus rapidement possible? Et, dès lors, autoriser les moins de 41 ans qui le voudraient et donneraient une forme de consentement éclairé à réclamer ces deux vaccins? Samedi, les ministres de la Santé ont chargé la task force vaccination de se pencher sur la question.

Des premières analyses mettant en balance, par classe d'âge, les bénéfices (hospitalisations et décès évités) et les risques (thromboses) encourus existent déjà, même si l'on attend encore les conclusions de l'Agence européenne des médicaments sur Johnson & Johnson. Il y apparaît notamment que le Johnson & Johnson présente un meilleur profil de risque que l'AstraZeneca pour les 20-29 ans (0,4 cas de thrombose par 100.000 personnes, contre 1,9 pour AstraZeneca) et pour les 30-39 ans (0,9 contre 1,8).

Le débat n'est pas clos et n'emballe pas tout le monde; la Wallonie reste ainsi à convaincre.

3. Et les jeunes de 12 à 15 ans?

Alors que le feu vert vient de tomber pour la vaccination des 16-17 ans avec Pfizer, les regards se tournent à présent vers les 12-15 ans, pour qui ce même vaccin a déjà été autorisé. Les États-Unis et Israël se sont lancés, suivis par l'Italie; l'Allemagne et la France ont donné leur accord; où en est la Belgique? Le Conseil supérieur de la santé s'est saisi de la question, fait savoir l'infectiologue Yves Van Laethem. Après un second round de discussions la semaine prochaine, son avis est attendu pour la fin du mois.

Le résumé

  • La Belgique a encore trois nœuds à trancher dans le cadre de sa campagne de vaccination.
  • En Wallonie et à Bruxelles, AstraZeneca vit-il ses dernières semaines?
  • Faut-il autoriser les volontaires de moins de 41 ans à se faire vacciner au moyen de l'AstraZeneca ou du Johnson & Johnson?
  • Enfin, est-il souhaitable d'ouvrir la campagne aux 12-15 ans?

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