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Trop cher et pas assez productif, le travailleur belge

©Thierry du Bois

La Belgique se classe 25e sur 75 pays pour l’attractivité de son marché du travail, selon une étude de Manpower. En cause principalement, le coût de la main-d’œuvre mais aussi les lourdeurs administratives et la productivité pas assez importante. Par contre, le travailleur belge se distingue par son bon niveau de formation et sa maîtrise de l’anglais.

Le marché du travail en Belgique est handicapé par le coût de la main-d’œuvre. Le constat, formulé par Manpower dans une étude comparative internationale, n’est certes pas neuf, mais il a le mérite de positionner clairement la Belgique par rapport aux autres pays.

La Belgique occupe la 25e place sur 75 au classement mondial de l’attractivité de la main-d’œuvre. L’indice compare la main-d’œuvre sur base de 90 critères répartis dans 4 catégories: la disponibilité de la main-d’œuvre, le coût du travail, le cadre réglementaire et la productivité.

Les points forts de la Belgique sont: le niveau de formation, la connaissance de l’anglais, l’accès aux technologies et la flexibilité du temps de travail. Parmi les points faibles, Manpower épingle le coût et les taxes sur le travail, les lourdeurs administratives et un taux d’activité trop bas (ce qui engendre un manque de main-d’œuvre disponible).

Au niveau mondial, c’est la Nouvelle-Zélande qui arrive en tête du classement devant Hong Kong, Singapour, le Canada et les États-Unis. Au niveau européen, les premières places sont occupées par l’Irlande, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Estonie et les Pays-Bas. La Belgique occupe la 14e place du classement européen.

©Mediafin

Mieux que la France et l’Allemagne

Il est toujours hasardeux de vouloir comparer le marché du travail belge avec celui qui prévaut aux Etats-Unis ou à Hong Kong, étant donné la différence de couverture sociale. Si par contre, on ramène le spectre d’analyse à nos principaux concurrents, on constate que la Belgique (14e) précède l’Allemagne (16e), le Luxembourg (21e) et la France (39e) au classement européen.

Faut-il dès lors conclure que les mesures de réduction du coût du travail décidées par le gouvernement fédéral ont raté leur cible? Pour Philippe Lacroix, managing director chez Manpower Belux, "malgré les mesures prises pour réduire le coût de travail, ce critère reste le talon d’Achille de la Belgique, alors que les entreprises sont continuellement sous pression au niveau financier". Avec une pression fiscale et parafiscale de 48,9% sur le travail, la Belgique occupe une peu reluisante 65e place sur 75.

Productivité en berne

Philippe Lacroix note par ailleurs que notre cadre réglementaire s’est amélioré. "Notre rapport a plébiscité la loi sur le travail maniable et faisable et les nouvelles possibilités offertes aux entreprises pour améliorer leur flexibilité. Mais dans le même temps, l’index met en évidence nos lourdeurs administratives", tempère-t-il. Résultat: la Belgique se retrouve 42e sur 75.

"Notre rapport a plébiscité la loi sur le travail maniable."
philippe lacroix
manpower

Plus étonnant, la productivité des travailleurs en Belgique, régulièrement vantée dans les comparaisons internationales, ne se vérifie pas dans le rapport de Manpower qui classe la Belgique 53e sur 75. Les critères pris en compte pour estimer le niveau de productivité sont la durée journalière et hebdomadaire de travail, le travail de nuit, les heures supplémentaires, les congés payés, l’efficience du marché de l’emploi, les infrastructures notamment.

Enfin, pour terminer sur une bonne note, la Belgique se situe nettement au-dessus de la moyenne régionale au niveau des équipements technologiques, notamment en termes de digitalisation et de réseau internet.

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