Trop peu d'indépendants à titre complémentaire osent le grand saut

©Thierry du Bois

Le nombre d’indépendants à titre principal stagne. Le Syndicat neutre pour indépendants regrette le faible taux de transition d’un statut à l’autre et pointe un manque d’attractivité.

Le nombre d’indépendants à titre principal stagne. C’est le constat dressé par le Syndicat neutre pour indépendants (SNI). Ils étaient 734.170 à exercer sous ce régime social en 2018, soit une progression de 1,5% par rapport à l’année précédente. À l’inverse, la communauté des indépendants à titre complémentaire est en progression de quasi 4%. Elle grimpe de 259.000 à 269.000 membres. Une situation préoccupante pour la présidente du SNI, Christine Mattheeuws. "Certes, le nombre d’indépendants continue à augmenter, mais la courbe s’aplatit et il est clair que l’entrepreneuriat à temps plein et à titre principal continue à faire peur à de nombreuses personnes".

"Le statut social de l’indépendant reste trop peu attractif."
Christine Mattheeuws
Présidente du SNI

Une situation peu satisfaisante pour le syndicat, qui aimerait voir plus d’indépendants à titre complémentaire migrer vers un statut d’indépendant à titre principal. "Notre pays a besoin, pour son économie, de plus d’indépendants à temps plein", estime sa présidente. Selon des chiffres de l’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants (Inasti), ils ne seraient que 36.933 à avoir fait le grand saut, soit 16% des personnes concernées depuis 2013.

Indépendant à titre complémentaire ou principal, quelle est différence? La nuance se situe au niveau du régime social dans lequel le travailleur évolue.

Dans le cas d’un indépendant à titre complémentaire, celui-ci mène une autre activité professionnelle: enseignant statutaire, salarié a minima à mi-temps ou encore fonctionnaire. Le travailleur occupe un statut professionnel hybride, tout en bénéficiant des avantages sociaux du statut auquel il est assujetti par son activité principale.

Renforcer l’attractivité

Pour Christine Mattheeuws, le régime d’indépendant à titre principal manque encore d’attractivité. "Les pensions des indépendants restent encore nettement inférieures à celles des salariés, explique-t-elle. Il faut ajouter à cela une protection limitée en cas de maladie ou d’incapacité de travail, et l’absence d’un ‘filet de sécurité’ au cas où les choses tourneraient mal." L’indépendant à titre complémentaire combinerait en quelque sorte le meilleur des deux mondes.

"Les pensions des indépendants restent encore nettement inférieures à celles des salariés."
Christine Mattheeuws

"Il est vrai qu’actuellement, ce type d’indépendant paie des cotisations de solidarité. Ils sont rebutés par la transition car elle ne leur donne pas accès à des avantages équivalents à ceux de leur statut principal. Il y a une trop grande différence entre les deux", estime Olivier Maüen, responsable communication du SNI. Le syndicat met tout de même sur la table trois demandes à l’adresse des politiques pour améliorer la situation. "On aimerait une indemnité semblable à un chômage en cas de problèmes majeurs comme une faillite, l’incapacité de travail dès le premier jour et bien sûr, revoir le régime des pensions."

Le SNI plaide également pour une généralisation aux Régions flamande et bruxelloise du plan Airbag, censé accompagner la transition d’un statut à l’autre. Sous certaines conditions, les indépendants à titre complémentaire peuvent obtenir un coup de pouce financier de 12,500 euros. Selon des chiffres du Forem, seulement 2.033 ont déjà fait la démarche depuis le lancement de la mesure en 2012. Un résultat encore "insuffisant" pour le syndicat.

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