Publicité
analyse

Un Codeco "soft" qui fait plier la Flandre

Elio Di Rupo, Alexander De Croo et Pierre-Yves Jeholet lors de la conférence de presse du Codeco, le 26 octobre 2021. ©Photo News

Les mesures décidées ne sont pas spécialement fortes. Mais elles se feront surtout sentir au nord du pays.

Il serait exagéré d'affirmer que la montagne accouche d'une souris. Mais il faut bien constater que, comme annoncé, ce nouveau Codeco ne donne pas lieu à un renforcement spectaculaire de l'arsenal de lutte contre la pandémie. Ni fermeture ni interdiction nouvelle et encore moins d'obligation vaccinale à signaler, mais un retour à un usage plus strict du masque et l'imposition du covid safe ticket à l'échelle nationale.

Par contre, l'état d'urgence décrété et la loi pandémie activée permettent au gouvernement de réaffirmer la gestion politique de cette crise au niveau fédéral et de disposer des moyens légaux pour agir rapidement en cas d'aggravation de la situation.

Car en coulisses, d'aucuns pointent un risque pris par le gouvernement, un pari fait sur la maîtrise de la pandémie grâce à des mesures "soft". Préoccupants, les chiffres devraient encore monter. Jusqu'où? Ces mesures suffiront jusqu'à 500 lits occupés en soins intensifs, un seuil en dessous duquel le fonctionnement "normal" d'un hôpital est déjà affecté, estiment certains acteurs. Au-delà, la pression augmentera quant à l'obligation vaccinale à laquelle les gouvernements ne semblent pas vouloir souscrire. Certains hôpitaux seront donc sous pression dans les prochaines semaines et les autorités comptent sur la réaffirmation de mesures connues pour limiter la casse, passer l'hiver et avec lui, l'écueil de la grippe saisonnière.

Un bonbon pour Jambon

Les décisions de ce dernier Codeco seront plus difficiles à digérer en Flandre qu'à Bruxelles et en Wallonie qui, en raison d'une couverture vaccinale plus faible, avaient maintenu un usage plus large du masque et décidé d'appliquer le covid safe ticket dès le 15 octobre pour la première, à partir du 1er novembre pour la seconde. Le gouvernement flamand, via son ministre-Président N-VA Jan Jambon, s'était par contre montré hostile à la généralisation de ce CST. Il en sera donc pour ses frais. "Il faut dire la vérité aux Flamands: le problème se trouve principalement en Wallonie et à Bruxelles. Nous en sommes aujourd'hui victimes", avait déploré le président nationaliste Bart De Wever. Voilà le bourgmestre d'Anvers soumis à l'exigence fédérale.

Jan Jambon avait également réclamé l'administration généralisée d'une troisième dose de vaccin qui ne se justifie pas, selon plusieurs experts. L'accord de mardi lui ouvre cependant la porte puisqu'elle sera organisée "si la place de cette dose dans le calendrier de vaccination est scientifiquement démontrée", dit le texte. La N-VA sort donc tout de même de l'exercice avec un petit quelque chose sous le bras.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés