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Un coup de filet antidrogue inédit marque le retournement des relations avec Dubaï

Une photo diffusée par Europol, montrant la Guardia civil espagnole et la DEA américaine lors d'une perquisition menée en Espagne dans le cadre de l'opération "Desert Light". ©AFP

Europol a annoncé l'un des plus grands coups de filet de son histoire, marquant l'arrestation de dirigeants d'un "supercartel" contrôlant un tiers du trafic de stupéfiants en Europe. La Belgique a largement pris sa part.

Y aura-t-il un avant et un après "Desert Light"? Ce lundi matin, Europol, l'agence européenne des polices criminelles, a annoncé en fanfare l'arrestation et l'inculpation de 49 personnes suspectées d'avoir participé à une organisation criminelle, un "supercartel" selon ses dires, qui serait aux commandes du tiers du trafic de cocaïne sur le continent, brassant l'équivalent de dizaines de milliards d'euros chaque année. "C'est l'une des plus grandes opérations de notre histoire", soulève Claire Georges, porte-parole adjointe d'Europol.

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Dix de ces interpellations ont été menées en Belgique. Six ont été réalisées au mois d'août, à Anvers, quatre autres début novembre, à Bruxelles, liées à une enquête franco-belge qui a mené à la saisie de deux tonnes de cocaïne arrivée d'Amérique du Sud via le port d'Anvers. Ce volet belge se concentrait notamment sur la recherche d'un résident belge kidnappé, séquestré et torturé par l'organisation criminelle en question.

"Grâce à la police de Dubaï, nous avons pu interpeller des cibles prioritaires."

Claire Georges
Porte-parole adjointe d'Europol

Le point d'orgue de cette opération qui a vu le travail collectif des polices espagnole, française, néerlandaise, américaine et belge (PJF d'Anvers et de Bruxelles) est certainement l'interpellation de six dirigeants présumés de l'organisation à Dubaï (Émirats arabes unis, EAU). Depuis des années, les dirigeants d'organisations criminelles qui fleurissent en Belgique et aux Pays-Bas trouvaient refuge dans la capitale émiratie, où les justices européennes n'avaient pas de mots assez durs contre le manque de coopération de cet État pétrolier.

Bouffée d'air frais

Celui-ci semblait, en effet, ne pas être des plus prompts à chasser les cerveaux d'organisations criminelles de plus en plus riches et puissantes. Les choses semblent avoir changé. Ce lundi, l'ambassadeur des Émirats en Belgique a salué ce coup de filet sur son compte Twitter, tandis que la porte-parole d'Europol salue "une coopération avec les EAU qui fonctionne, du point de vue des forces de l'ordre. Grâce à la police de Dubaï, nous avons pu interpeller des cibles prioritaires." Depuis le mois de septembre, un officier de liaison émirati est installé au siège d'Europol, à La Haye (Pays-Bas), symbole de l'efficacité du réchauffement des relations entre Europe et les EAU.

Ces arrestations apparaissent comme une bouffée d'air frais pour les forces de l'ordre et les justices européennes à l'heure où les saisies de cocaïne ne font qu'augmenter – le triste record des 100 tonnes saisies à Anvers en 2022 est attendu –, en même temps que les violences liées au trafic, le point d'orgue étant la tentative avortée de kidnapping du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne.

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