Un juge d'instruction désigné pour enquêter sur la faillite de Brantano

Début août, le personnel de Brantano avait manifesté à Namur pour protester contre la faillite du groupe de mode FNG. ©Photo News

Soupçons de faillite frauduleuse dans le chef de la maison mère de Brantano, CKS et Fred&Ginger.

Le parquet d’Anvers a ouvert une instruction judiciaire sur des soupçons de malversations commises dans le cadre de la faillite du groupe de mode FNG, maison mère de Brantano, CKS, Claudia Sträter, Miss Etam, etc. Selon Kristof Aerts, porte-parole du parquet d’Anvers, le juge d’instruction ne devra pas uniquement déterminer si FNG s’est rendu coupable de manipulation de marché, mais également si d’autres délits ont été commis, comme des faux en écriture ou des manœuvres dilatoires contre l’enquête lancée par la FSMA sur le groupe FNG.

Le parquet d'Anvers soupçonne l'existence de délits tels que faux et usage de faux, faux en écriture ou abus de biens sociaux.

Le 8 juillet dernier, l’autorité de contrôle – la FSMA – avait transmis son dossier au parquet d’Anvers. Dans son communiqué de presse, la FSMA n’évoquait que des indices d’éventuelles manipulations de marché sous la direction de l’ancien management de FNG.

Mais le parquet d’Anvers soupçonne l’existence d’autres délits dans l’épais dossier transmis par la FSMA, confirme le porte-parole du parquet. Il s’agit de faux et usage de faux, de faux en écriture (rapport annuel), de manœuvres dilatoires contre l’enquête de la FSMA, et d’abus de biens sociaux. Si le dossier aboutit à des poursuites, les prévenus pourraient se voir infliger des peines sévères pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

L’enquête judiciaire ne vise pas uniquement l’ancienne direction de FNG, à savoir les trois fondateurs Dieter Penninckx, Anja Maes et Manu Bracke. Sur base des pièces du dossier, d’autres personnes se trouvent dans le collimateur de la justice, peut-on entendre. Mais selon le parquet d’Anvers, il est prématuré de citer des noms, car la liste des personnes suspectées n’est pas encore définitive.

Des questions se posent sur les constructions et les transactions réalisées par le groupe en Asie, en Suisse et au Luxembourg.

Cela fait longtemps que des questions se posent sur les constructions et les transactions réalisées par le groupe en Asie, en Suisse et au Luxembourg. Derrière la rapide montée en puissance du groupe de mode se cache un labyrinthe de véhicules financiers et de structures de rachat, comme des fournisseurs asiatiques avec lesquels le groupe avait mis en place un système de commissions. La FSMA demandait déjà des clarifications depuis l’an dernier. La justice va aujourd’hui vérifier si le chiffre d’affaires et les bénéfices ont été gonflés.

L’enquête judiciaire sur FNG commence à ressembler à celle qui fut menée sur la faillite du groupe de technologie vocale, Lernaut & Hauspie. Le juge d’instruction de Malines, Theo Byl, sera chargé d’éplucher le gros dossier financier. Dans une ancienne vie, Byl était responsable de la section financière du parquet de Termonde et dispose donc de l’expertise nécessaire pour enquêter sur ces constructions. Un enquêteur de premier plan de l’Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière organisée (OCDEFO) participe également à l’enquête.

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