Un nouvel outil pour pallier les absences dans les hôpitaux

Remplacer une absence dans un service d'urgence relève souvent du casse-tête. ©Photo News

L’hôpital de Saint-Trond s’est doté, avec le concours de la société d’intérim ASAP, d’une plateforme pour optimaliser l’offre et la demande de personnel de soins.

Avec la crise sanitaire, les hôpitaux pleurent après du personnel. De leur côté, certains membres du personnel hospitalier seraient prêts à travailler davantage pour gagner plus. Dans la pratique cependant, il est difficile de concilier ces deux préoccupations en raison des contraintes administratives et contractuelles.

"Il est difficile de trouver rapidement du personnel compétent lorsque vous avez un trou dans un service de garde."
Joris Brugmans
Manager RH à l'hôpital Sint Trudo à Saint-Trond

Pour y remédier, Joris Brugmans et Dirk Vanstraelen, respectivement manager RH et manager IT de l’hôpital Sint-Trudo à Saint-Trond, ont mis au point une plateforme électronique où l’offre et la demande peuvent se rencontrer. Cet outil, appelé Paragon Medical, permet de pallier au pied levé les absences ponctuelles et d’augmenter la capacité structurelle.

«L’idée m'est venue de mon expérience de terrain. Je sais à quel point il est difficile de trouver rapidement du personnel compétent lorsque vous avez un trou dans un service d'urgence par exemple», explique Joris Brugmans.

En quelques semaines, une centaine de candidats se sont inscrits, principalement des aides-soignants et des infirmiers. Entre-temps, la société d’intérim ASAP a poursuivi le développement du projet et pris en charge le volet administratif en proposant des contrats journaliers.

Intérêt chez les jeunes

L’idée n’est pas de pousser tout le monde à prester des heures supplémentaires, sachant le taux élevé de burn-out au sein des professions médicales et paramédicales, surtout en cette période pandémie. «Nous pensons néanmoins que 10 à 15% du personnel, surtout parmi les jeunes, souhaite travailler un peu plus pour gagner plus», assure Joris Brugmans.

L’explosion du nombre d’indépendants à titre complémentaire en est la preuve, selon lui. «Plutôt que d’aller travailler quelques heures par semaine dans l’Horeca par exemple, je les invite à venir travailler chez nous, surtout en cette période de crise sanitaire aiguë», suggère-t-il.

"Notre ambition est de partager des ressources humaines forcément limitées."
Ann Boterman
Business director chez ASAP

Le secteur hospitalier a certes déjà recours à des travailleurs intérimaires, mais chaque société d’intérim opère à partir de sa propre réserve de candidats. Avec la plateforme Paragon Medical, on mutualise en quelque sorte la rencontre entre offre et demande. C’est pourquoi la plateforme est ouverte à tous les établissements de soins. «Notre ambition est de partager des ressources humaines forcément limitées compte tenu des exigences de formation dans le milieu hospitalier», explique Ann Boterman, business director chez ASAP.

ASAP souhaite également inclure d’autres profils du milieu hospitalier, tels que les employés administratifs ou le personnel de cuisine, pour élargir le pool de compétences disponibles.

Un potentiel inexploité

Outre l’optimalisation du pool existant, l’idée est aussi d’étendre la réserve de main d’œuvre aux personnes titulaires d’un diplôme de prestataire de soins, mais qui ne pratiquent plus le métier. Il s’agit d’un groupe cible potentiel de 20.000 personnes qui, moyennant une mise à jour de leurs compétences, seraient assez rapidement opérationnelles pour des missions ponctuelles, sans pour autant reprendre le travail à temps plein.

20.000
personnes
Environ 20.000 personnes sont titulaires d'un diplôme infirmier mais ne pratiquent plus le métier.

Ceci étant, tant Ann Boterman que Joris Brugmans s’accordent pour dire qu’une telle plateforme ne dispense pas d’envisager des solutions structurelles pour rendre les métiers hospitaliers plus attractifs, à la fois au niveau de la charge de travail et des conditions salariales. «Mais en attendant, il est toujours préférable de pouvoir faire appel à des candidats volontaires que de procéder à des réquisitions de personnel en cas de pépin», concluent-ils.

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