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Un plan de relance? On a tout, sauf la volonté

N’attendons pas les présidents de partis pour préparer le plan de relance belge.

Relance. Nom féminin, action de donner un nouvel élan, politique visant à créer une reprise de l’activité économique en favorisant la consommation ou l’investissement.

On n’a plus que ce mot à la bouche, un peu partout en Europe et au-delà, pour tenter de rebondir après l’énorme trou d’air causé par le Covid-19. En Allemagne, en France, en Italie, l’État sort son chéquier et prévoit des volées de mesures. Des dizaines de milliards d’euros sont annoncés.

Et en Belgique? Eh bien, en Belgique, c’est-à-dire que, en fait, on essaie de réfléchir pour voir s’il n’y aurait quand même pas moyen, finalement, de former un gouvernement, voyez-vous.

C’était déjà le cas avant la pandémie, c’est toujours le cas après. Cela fait un an, un mois et une semaine que les élections législatives ont eu lieu. Et on se voit, on se parle, on se jauge. On fait un draft, ensuite on le déchire et puis on recommence.

N’attendons pas les présidents de partis, qui prennent beaucoup trop de place dans ce pays, pour préparer cette relance qu’ils nous confisquent.

Il est vrai que la donne politique fédérale est prodigieusement complexe. Mais ce n’est pas parce que les négociations n’en finissent pas de patiner qu’on doit tous rester les bras croisés. N’attendons pas les présidents de partis, qui prennent beaucoup trop de place dans ce pays, pour préparer cette relance qu’ils nous confisquent.

Mais ce serait quoi, le bon plan? L’Echo a proposé à trois économistes de plancher ensemble sur la question.

Ils invitent à ne pas réinventer la roue, car les domaines prioritaires d’action sont connus depuis longtemps. On les trouve dans le pacte national pour les investissements stratégiques défini en… 2018.

Ils nous disent qu’un plan de relance – ou mieux, de transition – ne s’improvise pas et n’a donc rien à voir avec un compromis politique arraché en bout de négociations.

Ils nous disent aussi qu’un plan de transition n’implique pas d’allonger les milliards, que l’État n’a d’ailleurs pas, mais bien de définir une vision stratégique claire. De poser le bon diagnostic, en sachant résister aux lobbies. Éducation, santé, mobilité, énergie, numérique : que veut-on? Si la Belgique répond éternellement "je ne sais pas", comment voulez-vous que les entreprises sachent où aller?, résume la professeure Estelle Cantillon.

Ils nous disent encore que, sans évaluation des politiques menées (ce qui se fait si peu) et sans gouvernance publique valable ("nous sommes mauvais"), autant ne rien faire du tout.

Ils nous disent en fait que c’est d’abord une affaire d’intelligence et de volonté. L’intelligence, on l’a. On ne va pas quand même pas tout planter par manque de volonté? Allez, bon sang, on y va!

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