Une année 2019 cruciale pour les biotechs belges

©Debby Termonia

Cette année, d’importants résultats de recherche devraient tomber pour plusieurs biotechs belges. À commencer par Galapagos. Son médicament contre l’arthrite rhumatoïde pourrait faire une percée.

Galapagos , le navire amiral de la biotechnologie belge, est à la veille d’une percée attendue depuis longtemps. Au cours du premier trimestre, l’entreprise devrait en effet disposer de davantage de résultats sur le filgotinib, qui devraient confirmer l’efficacité du médicament dans le traitement de l’arthrite rhumatoïde.

Il y a moins d’un mois, le CEO de Galapagos, Onno van de Stolpe, nous avait indiqué dans une interview que la probabilité que les résultats ne soient pas probants était très faible "étant donné que de nombreux patients sont traités avec succès depuis de longues périodes et que le profil de sécurité s’est avéré excellent au cours des tests".

Après la publication de ces résultats, l’entreprise malinoise s’attend à pouvoir introduire une demande d’approbation en Europe et aux Etats-Unis. "Si c’est le cas, le filgotinib pourrait être commercialisé à partir de 2020", a expliqué Onno van de Stolpe.

Poule aux œufs d’or

Le filgotinib pourrait devenir une poule aux œufs d’or pour Galapagos. Les analystes s’attendent à un chiffre d’affaires de 5 à 6 milliards d’euros par an. Et ce, uniquement pour le traitement de l’arthrite rhumatoïde. Car si Galapagos peut prouver que le médicament est également actif contre d’autres maladies inflammatoires, ce montant pourrait être revu à la hausse. L’entreprise de biotech réalise actuellement des recherches sur l’efficacité du filgotinib dans le traitement de la maladie de Crohn, de la colite ulcéreuse (inflammation chronique du gros intestin), du syndrome de Sjörgen (affection auto-immune des yeux et de la bouche), du lupus (inflammation du tissu conjonctif), de l’uvéite (une forme d’inflammation oculaire), de la maladie de Bechterew (spondylarthrite ankylosante) et de l’arthrite psoriasique (maladie inflammatoire articulaire chronique associée à un psoriasis).

Galapagos, dont la capitalisation boursière de plus de 5 milliards d’euros en fait la plus grande société de biotech en Bourse de Bruxelles, peut compter sur l’expertise du géant pharmaceutique Gilead pour commercialiser le filgotinib. Sur son marché domestique, le Benelux, Galapagos peut s’en charger. La société a en effet recruté un des patrons du groupe américain AbbVie, qui a assuré la vente de l’humira, un médicament connu contre l’arthrite rhumatoïde représentant plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le hasard veut que ce soit AbbVie qui ait tourné le dos à Galapagos parce que le géant US ne croyait plus en l’avenir du nouveau médicament. L’entreprise de biotech a alors rencontré des problèmes financiers, mais a pu remonter la pente grâce notamment au soutien de Gilead.

L’année 2019 promet aussi d’être importante pour d’autres biotechs belges. Notre pays compte aujourd’hui une série d’entreprises de biotech nées il y a 10 à 15 ans, qui ont atteint une certaine maturité dans leurs recherches scientifiques, et devraient sous peu en cueillir les fruits.

Argenx, Mithra, etc.

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Sur les presque 200 entreprises de biotech du pays, 63 travaillent aujourd’hui à de nouveaux médicaments ou sont dans la phase des tests médicaux. Elles comptent au total 145 produits en préparation, dont neuf en phase 3, qui est la dernière phase de recherche avant de pouvoir demander l’approbation des autorités sanitaires.

Sur les presque 200 entreprises de biotech du pays, 63 travaillent aujourd’hui à de nouveaux médicaments ou sont dans la phase des tests médicaux. Elles comptent au total 145 produits en préparation, dont neuf en phase 3, qui est la dernière étape de recherche avant de pouvoir demander l’approbation des autorités sanitaires.

Outre Galapagos, argenx peut s’attendre à réaliser un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros avec son médicament efgartigimod contre la myasthenia gravis (myasthénie auto-immune), une maladie neuromusculaire rare. Les analystes évaluent le chiffre d’affaires à un maximum de 3 milliards d’euros par an. La troisième et dernière phase de test à grande échelle de ce médicament devrait débuter au cours de la seconde moitié de l’année. L’entreprise de biotech gantoise, qui travaille avec des anticorps de lamas, a d’autres médicaments dans son pipeline, dont un produit contre la leucémie myéloïde. Le mois dernier, le géant pharmaceutique Johnson & Johnson a investi 300 millions de dollars dans ces recherches.

Parmi les autres biotechs faisant face à des échéances importantes 2019, on trouve Mithra , en voie de transformer une hormone naturelle en moyen contraceptif de nouvelle génération; Biocartis , qui envisage de lancer davantage de tests de diagnostic, et Celyad , spécialisée dans le traitement de différents cancers.

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