Une dizaine d'interpellations après les violences à Liège

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Des violences ont éclaté samedi après-midi dans le centre-ville de Liège. Le premier bilan fait état de neuf personnes hospitalisées, dont cinq policiers. On dénombre quatre mineurs parmi les dix personnes interpellées.

Au total, 250 policiers de la police de Liège et de la police fédérale étaient présents sur place avec l'appui de trois arroseuses. Neuf personnes, dont cinq policiers, ont été blessées et transportées à l'hôpital. La zone de police liégeoise précise toutefois que d'autres policiers, plus légèrement blessés, sont restés sur le terrain aux côtés de leurs collègues.

Le commissariat de Liège-Centre, situé rue de la Régence, a été caillassé, tout comme plusieurs véhicules de police du centre-ville. Des magasins et fast-food ont également été caillassés et certains d'entre eux ont été pillés.

Une partie des émeutiers venaient d'autres villes de Belgique et de France.

Quelques vitres des Galeries Saint-Lambert et de l'hôtel de ville ont été brisées. La police a été victime de jet de pavés, de panneaux de signalisations, de bouteilles en verre et de chaussures. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par les forces de l'ordre.

200 à 300 casseurs

Vers 20h samedi soir, le calme revenait place Saint-Lambert, malgré la présence encore importante de policiers. Selon les premières interpellations, une partie des émeutiers venaient d'autres villes de Belgique et de France.

Une manifestation "Black Lives Matter" de quelques dizaines de personnes se tenait samedi après-midi, place Saint-Lambert à Liège. Ce rassemblement était prévu après l'arrestation judiciaire pour rébellion d'une dame lundi matin, place Saint-Lambert à Liège.

Un dispositif policier important était prévu pour éviter tout débordement. Vers la fin de la manifestation, des individus ont renversé et agressé violemment un policier à moto.

Selon la police de Liège, entre 200 à 300 casseurs se sont subitement rassemblés dans les rues de Liège et ont commis des faits de pillage, vols et dégradations. Des renforts sont intervenus pour prêter mains fortes aux policiers déjà présents.

Dix personnes ont été interpellées

Lors de la conférence de presse, les autorités annonçaient six arrestations judiciaires et quatre administratives. Le chef de corps de la police de Liège avait affirmé que, parmi les auteurs, trois sont Liégeois et un est mineur. Pour les autres, il s'agit d'hommes âgés entre 20 et 30 ans.

Vers 13h dimanche, le parquet de Liège corrigeait toutefois l'information en précisant qu'il n'y avait pas un mais bien quatre mineurs dans les dix personnes interpellées. Deux d'entre eux sont soupçonnés de recel et un autre pour jet de projectile. Ils seront présentés devant un juge de la jeunesse. Concernant les six majeurs, ils sont âgés entre 23 ans et 46 ans et ont été interpellés pour plusieurs vols dans des magasins, notamment dans le quartier de Féronstrée.

La ville prévoit un plan de relance pour les commerçants

Un plan de relance pour les commerçants liégeois va être défini et déployé dans les prochains jours, a indiqué dimanche le bourgmestre Willy Demeyer (PS). Face à ces événements, le collège communal a annoncé vouloir soutenir et relancer les commerces liégeois. "Nous voulons un centre-ville où il fait bon vivre, où l'on peut profiter. Nous ne laisserons tomber personnes et des mesures fortes seront prises par le collège, " a expliqué la Première échevine Christine Defraigne (MR). Une structure sera mise en place pour aider les commerçants à percevoir des indemnités et à faire intervenir leurs assurances. "Le but est de remettre les commerces liégeois le plus rapidement possible en état, " a déclaré le maïeur. Du côté des commerçants, un sentiment de peur prédomine. "Les assurances ne fonctionnent pas pour la crainte et la peur. Pour les commerçants de la place Saint-Lambert, ils ont eu le sentiment de revivre ce qu'il s'est passé le 13 décembre 2011. Cela reste dans la mémoire de tous", a confié à l'agence Belga Jean-Luc Vasseur, président de l'ASBL "Commerce Liégeois, " faisant référence à la tuerie de Liège où sept personnes avaient perdu la vie. "En 30 ans de carrière, je n'ai jamais connu cela. Je ne l'ai jamais vécu comme cela, aussi car la période est plus compliquée aujourd'hui. C'est un peu comme frapper un homme ou une femme qui est déjà à terre", a-t-il ajouté.

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