Une guerre scolaire évitée grâce à une nouvelle clé de répartition?

La majorité des fonds du plan de relance alloués à la FWB serviront à rénover les bâtiments scolaires. ©BELGA

La Fédération Wallonie-Bruxelles consacrera 230 millions des fonds européens à la rénovation de ses écoles. Une nouvelle clé de répartition a été élaborée.

Un peu plus de 230 millions d'euros, issus des fonds européens pour la relance, seront consacrés à la rénovation des bâtiments scolaires en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Le gouvernement a validé jeudi la façon dont cette manne sera répartie entre les différents réseaux d'enseignement.

75.000
PLACES dans les Écoles
Sans rénovation des bâtiments scolaires, 75.000 places pourraient disparaître d'ici dix ans.

Avant de revenir en détail sur ce point, posons le cadre. Composé d’environ 2.900 bâtiments, dont 41% en semi-préfabriqués, le parc immobilier scolaire en FWB a besoin d'un sérieux lifting. Début 2020, la direction générale des infrastructures scolaires (DGI)  estimait qu'environ 40% de ce parc "vieilli et partiellement insalubre" étaient exposés, sans intervention, à un risque de fermeture dans les 5 à 10 ans. Un scénario catastrophe qui entraînerait la disparition de 75.000 places dans les écoles. Rien que pour couvrir les besoins actuels de rénovation, plus de deux milliards d'euros seraient nécessaires. N'en rajoutons pas, le tableau est déjà bien sombre...

Relents de guerre scolaire

Si tous les acteurs politiques et de l'enseignement s'accordent sur l'urgence d'entamer un vaste chantier de rénovation, certains se sont écharpés ces derniers mois quant à la répartition initiale des fonds européens.

À la tête de la fronde, on retrouvait le Secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC). Scolarisant près de 50% des élèves en FWB, celui-ci s'est rapidement insurgé contre un projet ministériel en vertu duquel il n'aurait bénéficié que de 18,5% des moyens. Dans le même temps, Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE), l'ancien réseau officiel de la Communauté française, se voyait promettre 58,5% des fonds, tandis que l'officiel subventionné (communes et provinces) en obtenait 22,9% . Une approche tout bonnement "inacceptable" aux yeux du SeGEC, qui regrettait notamment que WBE capte plus de la moitié des moyens disponibles en scolarisant seulement 15% des jeunes.

Répété à l'envi, ce message a fini par percoler, du moins partiellement, vu que le ministre compétent, Frédéric Daerden (PS), a revu son projet. Désormais, la clé de répartition n'est plus qu'indicative. "Afin de garantir que les projets les plus qualitatifs et en adéquation avec les exigences européennes soient priorisés, un mécanisme de vases communicants au sein des enveloppes prédéfinies par la clé sera mis en place", explique le gouvernement.

"Afin de garantir que les projets les plus qualitatifs et en adéquation avec les exigences européennes soient priorisés, un mécanisme de vases communicants au sein des enveloppes prédéfinies par la clé sera mis en place"
Frédéric Daerden
Ministre en charge des bâtiments scolaires

Lors de la sélection des projets, les efforts en matière d'efficacité énergétique devraient peser lourd dans la balance. La capacité à réaliser les rénovations dans les délais impartis par l'Europe, les montants devant être engagés pour la fin 2023, constituera aussi un critère important, nous explique-t-on.

Avec ce nouveau mécanisme, Wallonie-Bruxelles Enseignement, l’officiel subventionné et le libre subventionné peuvent en théorie chacun espérer atteindre plus de 35% de l’enveloppe globale, insiste l'exécutif.

35%
Des fonds européens pour la rénovation des écoles
Chacun des réseaux d'enseignement pourra potentiellement capter 35% de l'enveloppe de 230 millions consacrée à la rénovation des bâtiments scolaires.

Effet levier

Ce dernier mise en outre sur l'effet levier que susciteront les montants du plan de relance. En résumé, les pouvoirs organisateurs devront mettre de l'argent sur la table en plus des fonds provenant de l'Europe pour réaliser leurs projets. Si leur apport est réalisé au travers d’un emprunt, ce dernier sera garanti par la Fédération, qui prendra également en charge la totalité des intérêts. Au total, l'effet levier devrait permettre d’injecter plus de 385 millions dans la rénovation des écoles.

Principal opposant au projet initial, le SeGEC entend étudier en détail la nouvelle version et consulter ses instances avant de s'exprimer.

Le résumé

  • Le gouvernement de la FWB consacrera 230 millions des subsides européens à la rénovation de son parc immobilier scolaire.
  • En vertu d'une nouvelle clé de répartition, chaque réseau d'enseignement pourra potentiellement capter 35% de l'enveloppe disponible.
  • Grâce à un effet de levier, la Fédération espère injecter plus de 385 millions dans la rénovation de ses écoles.

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