Une législature au-dessus des 3% de déficit

La ministre du Budget Eva De Bleeker tentera de limiter le déficit annuel de la Belgique. ©BELGA

Entre embellie socio-économique et rigueur budgétaire, la Belgique envoie son programme de stabilité à la Commission européenne.

Vendredi, le gouvernement s'est accordé sur son programme de stabilité, projetant la situation de nos finances publiques à l'horizon 2024 à l'attention de la Commission européenne. L'exercice, basé sur un accord entre fédéral et entités fédérées, est évidemment marqué par l'incertitude qui plane encore sur les effets du confinement.

6,1%
Les dépenses des particuliers devraient bondir de 6,1%

Le document présenté par la ministre du Budget Eva De Bleeker (Open Vld) est toutefois rassurant quant à la situation économique du pays à court terme. Sous réserve d'une dégradation sanitaire, "dans le courant de 2021 et en 2022, le relâchement graduel des mesures sanitaires restrictives, combiné à la généralisation de la vaccination permettrait de poursuivre le rattrapage qui a été interrompu au dernier trimestre de 2020 et au début de 2021 par le renforcement des mesures sanitaires."

Vers une croissance à 1,5%

Le Bureau du plan table sur une croissance de 4,1% en 2021 (qui fait suite au repli de 6,3% l'an dernier), une stabilisation à 3,5% en 2022 pour atteindre 1,5% en 2024. "En 2021, le pouvoir d’achat des particuliers devrait enregistrer une accélération et s’accroître de 1,1 %.", relève également la note De Bleeker. Celle-ci table sur une reprise de la consommation en lien avec la hausse de la confiance des consommateurs. Les dépenses des particuliers devraient bondir de 6,1% et faire reculer le taux d'épargne qui a culminé à quelque 20% du revenu disponible en 2020. La confiance des entreprises repart, elle aussi, à la hausse, mais à ce niveau, le phénomène de rattrapage (en termes d'investissements) n'est attendu qu'en 2022.

"Le taux de chômage en Belgique resterait nettement inférieur à celui de la moyenne de la zone euro, qui progresserait de 8,3 % en 2020 à 9,4 % en 2021."
La note d'Eva De Bleeker
Ministre du Budget

Le gouvernement table sur une hausse à 6,8% du chômage entre 2021 et 2022 en raison de l'extinction progressive des mesures de soutien économique mis en œuvre pour faire face à la crise. "Le taux de chômage en Belgique resterait nettement inférieur à celui de la moyenne de la zone euro, qui progresserait de 8,3 % en 2020 à 9,4 % en 2021", rappelle toutefois Eva De Bleeker.

Le déficit budgétaire global de la Belgique ne devrait pas tomber sous les 3% d'ici 2024. Après un bond à 9,4% en 2020, le déficit prévu en 2021 est de 7,7% du PIB. Il devrait retomber à 4,5% en 2022, 4% l'année suivante et 3,66% en 2024. Pas de quoi pavoiser. Les gouvernements du pays se sont entendus sur un effort budgétaire collectif de 0,2% du PIB conformément à l'accord fédéral. Celui-ci prévoit un effort supplémentaire variable ramené à 0 pour cette année.

Malgré ces efforts, la dette publique devrait passer de 116,3% cette année à 117,4% du PIB en 2024. Hors éventuelles privatisations.

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