Une personne contaminée au Covid-19 sur cinq est un enfant ou un adolescent

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La proportion d'enfants parmi les personnes contaminées au coronavirus en Belgique est en nette hausse. La situation reflète surtout la présence des variants du virus dans nos frontières.

Quel rôle les enfants jouent-ils dans la propagation du Covid-19? Si, jusqu'à il y a peu, les spécialistes s'accordaient à dire qu'ils n'étaient pas le moteur de l'épidémie, les derniers chiffres pourraient bien les forcer à revoir leur copie.

"Une contamination sur cinq est enregistrée chez les enfants ou les adolescents."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19

"Une contamination sur cinq est enregistrée chez les enfants ou les adolescents", a détaillé Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus en Belgique, lors de la conférence de presse de Sciensano, ce mardi.

En moyenne, 2.120 nouvelles infections ont été décelées chaque jour, la semaine dernière, ce qui correspond à une hausse de 5% du nombre des contaminations. Les tranches d'âge les plus touchées par cette hausse sont les enfants et les adolescents puisque ces deux catégories accusent une augmentation de 84% et 16% par rapport à la semaine précédente.

La stratégie de testing en cause

Si ces chiffres impressionnent, ils sont à prendre avec des pincettes. Alors que les enfants étaient, jusqu'à il y a peu, considérés comme des "contacts à faibles risques", l'apparition de nombreux variants a changé la donne du côté des autorités sanitaires. "Le nouveau variant britannique présente une contagiosité accrue dans toutes les tranches d'âge, y compris, mais pas exclusivement, chez les enfants", a souligné Karine Moykens, présidente du comité interfédéral du testing et du tracing.

"Le nouveau variant britannique présente une contagiosité accrue dans toutes les tranches d'âge, y compris, mais pas exclusivement, chez les enfants."
Karine Moykens
Présidente du comité interfédéral du testing et du tracing

Auparavant, aucun suivi n'était assuré parmi les camarades de classe d'un enfant testé positif au coronavirus, ce n'est aujourd'hui plus le cas. "Les enfants de l'école primaire qui sont assis à côté d'un cas index dans la salle de classe ou dans le réfectoire sont désormais aussi considérés comme des contacts à haut risque", a-t-elle confirmé.

Et qui dit plus de tests, dit aussi plus de cas positifs. Les nombreux foyers de contaminations décelés dans des écoles ces derniers jours ont forcément eu une influence sur la situation globale de l'épidémie.

17%
D'hospitalisations
Le nombre moyen d'hospitalisations quotidiennes augmenté de 17% depuis la semaine dernière.

Toutefois, la situation reste interpellante car la tendance est à la hausse pour les hospitalisations, même si la courbe des décès semble stable. 135 personnes ont, en moyenne, été hospitalisées chaque jour la semaine dernière (+17%) tandis que 50 sont décédées (+4%).

Vers un assouplissement des mesures en avril?

La première phase de la campagne de vaccination suit son cours en Belgique. Si le rythme actuel est maintenu, l'ensemble des résidents des maisons de repos qui en ont fait la demande devraient avoir reçu les deux doses du vaccin pour la mi-février. "C'est actuellement 80 à 90% d'entre eux", se félicite Yves Van Laethem.

"Nous espérons, si le vaccin montre une efficacité dans ce groupe d’âge, voir drastiquement diminuer le nombre de décès global liés au Covid dans notre pays", ajoute le porte-parole de la lutte contre l'épidémie.

1 sur 5
Un lit d'hôpital sur cinq est actuellement occupé par une personne résidant en maison de repos.

Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faudra abandonner la vigilance avec laquelle nous vivons depuis près d'un an. Les résidents en maison de repos ne correspondent qu'à un cinquième des personnes qui occupent les lits dans les hôpitaux, selon le centre de crise.

"Cela accordera une bouffée d'air à nos services hospitaliers mais il restera un nombre important de personnes qui seront encore infectables", tempère Yves Van Laethem. Car hors des maison de repos, les personnes âgées de plus de 65 ans, mais aussi celles atteintes de pathologies sous-jacentes sont également considérées comme "à risque" si elles sont contaminées au coronavirus. L'épidémiologiste estime d'ailleurs que ces personnes non vaccinées mais encore en danger représentent entre 1,5 et 2 millions de Belges.

"Ce n'est donc qu'après une quinzaine de jours après la vaccination massive de la première dose à cette population de plus de 65 ans que l'on pourra avoir un impact significatif sur les hospitalisations." Reste à savoir si l'efficacité des vaccins perdurera malgré les variants du virus, ce qui est impossible à prédire à l'heure actuelle.

Quand pourrons-nous alors espérer voir levées tout ou partie des restrictions destinées à endiguer la propagation du Covid-19? "Pour cela, il faudra attendre certainement avril ou mai", a conclu l'épidémiologiste.

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