Une "pluie de recours" à prévoir dans les écoles?

Le "caractère exceptionnel" du redoublement scolaire est mis en doute par plusieurs associations. ©EPA

Des associations de parents et d'élèves, soutenues par la Ligue des Droits de l'Enfant, mettent en doute le caractère exceptionnel du redoublement dans les écoles. Dans ces conditions, elles prédisent "une pluie de recours".

Les élèves belges ont connu une année scolaire à nulle autre pareille. Alors qu'elle s'achève, les conseils de classe sont souverains pour toute décision d'échec ou de réussite. Bien que les circulaires ministérielles prônent la bienveillance, la Fédération des parents de l'enseignement officiel (FAPEO), le collectif Marguerite et le Comité des élèves francophones (CEF) ne semblent pas tout à fait sereins.

Petit retour en arrière: le 12 mars dernier, les cours étaient suspendus dans toutes les écoles en raison de l'épidémie de coronavirus. Faute de rentrée après les vacances de Pâques, l'exécutif communautaire a décidé d'annuler les épreuves certificatives externes (CEB, CE1D et CESS) et les sessions d'examens en juin.

Théorie et pratique...

"Le redoublement doit être exceptionnel et dûment motivé."
Circulaire ministérielle du 19 mai

Pour baliser le travail des conseils de classe, plusieurs circulaires ont été publiées. À la mi-mai, l'une d'entre elles insiste sur le fait que le "redoublement doit être exceptionnel et dûment motivé", ou encore qu'une telle décision doit être prise en dialogue avec les parents et les élèves. Ça, c'est pour la théorie... En pratique, certaines écoles feraient cependant fi des règles, dénoncent des associations.

Afin d'étayer leur discours, elles ont collecté ces derniers jours des témoignages de parents et de jeunes. Plusieurs d'entre eux auraient notamment appris, sans réelle possibilité de dialogue, qu'ils devront redoubler ou présenter des examens en septembre. Pour la FAPEO et le CEF, c'est clair: l'esprit de la circulaire n'est pas toujours respecté.

Pire, certaines écoles motiveraient des décisions de redoublement en évoquant une absence de travail ou d'implication de la part de l'élève pendant le confinement. "Or, ce travail ne peut pas être pris en compte en conseil de classe, sauf si c'est en faveur de l'élève", souligne Chantal Massaer du collectif Marguerite.

Pluie de recours

S'appuyant sur quelques exemples, ces associations appellent la ministre de l'Éducation Caroline Désir (PS) à insister sur le respect des circulaires. Si ce n'est pas le cas, une pluie de recours est à prévoir, assurent-elles.

"Ce sont les enseignants qui sont les mieux outillés pour évaluer le travail de leurs élèves."
Caroline Désir
Ministre de l'Education

Contactée par nos soins, la ministre a rappelé l'existence des balises, tout en réitérant sa confiance aux conseils de classe. "Ce sont les enseignants qui sont les mieux outillés pour évaluer le travail de leurs élèves. Néanmoins, il est important que les élèves ne soient pas pénalisés par la période de confinement dont ils ne sont nullement responsables", a-t-elle souligné.

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