Une spin-off de l'UCL se dote de 13 millions pour prévenir des risques de l'obésité

©Photo News

L’UCL et l’université néerlandaise de Wageningen s'attaquent aux problèmes liés à l'obésité et au diabète de type 2. Forts de leurs recherches, ils créent un spin-off qui a réussi à lever 13 millions d'euros.

Le microbiote intestinal, ce qu’on appelait anciennement la "flore intestinale", livre ses secrets. Les découvertes, réalisées par le professeur Patrice Cani (Louvain Drug Research Institute de l’UCL), débouchent aujourd’hui sur la création d’une nouvelle spin-off: A-Mansia Biotech. La 76e spin-off de l'UCL.

Cellules adipeuses ©Document UCL

"Il s’agit d’une spin-off commune à l’UCL et à l’Université de Wageningen, aux Pays-Bas", explique le professeur Cani. "L’idée est de commercialiser dans un premier temps un complément alimentaire basé sur la bactérie découverte à Wageningen par mon collègue, le professeur Willem de Vos, et dont nous avons identifié certaines propriétés intéressantes pour la santé à l’UCL." 

La bactérie en question? L'Akkermansia muciniphila. Elle est naturellement présente dans nos intestins. "Nous avons pu montrer qu’elle jouait un rôle bénéfique chez les souris obèses et/ou souffrant de diabète. Nos avancées scientifiques ouvrent donc des perspectives et des cibles différentes pour lutter contre les maladies associées à l’obésité et au diabète de type 2."

76
spin-off
A-Mansia Biotech est la 76e spin-offs créées à l'UCL depuis 1972. Soixante-cinq sont encore actives.

Depuis décembre 2015, les tests menés aux cliniques universitaires Saint-Luc (UCL) à Bruxelles ont montré son innocuité chez l’être humain. Mieux encore, l’équipe du professeur Cani a également pu démontrer que la pasteurisation d’Akkermansia boostait son efficacité.

13 millions d’euros en un an

Il n’en fallait pas plus aux "chercheurs-entrepreneurs" pour se lancer dans l’aventure de la spin-off. En Belgique, l’équipe de Patrice Cani a pu bénéficier d’un financement de quelque 450.000 euros de la Région wallonne via son programme "First spin-off" pour progresser dans cette voie.

Professeur Patrice Cani ©Document UCL

Les bons résultats ont débouché sur la mise sur pied d’A-Mansia Biotech S.A.. Sa mission: prévenir certains facteurs de risques liés à l’obésité grâce à la bactérie pasteurisée. Une mise sur le marché d'un premier complément nutritionnel accessible au grand public est prévue d'ici 3 ans, soit dès 2021.

Dirigée par Jean-Christophe Malrieu, cette spin-off démarre avec 13 millions d'euros de fonds levés en un an. L’argent provient du Fonds Vives II (UCL), de la SRIW et de Nivelinvest. Le principal investisseur est un fonds d’investissement français, Seventure Partners, spécialisé dans le domaine du microbiote.

"La spin-off A-Mansia devrait permettre la création de 15 emplois directs d’ici 2020," indique-t-on à l’UCL. "La R&D de la co-spin-off se fera en partie dans les laboratoires de l’UCL et de la Wageningen University." 

Saisir la balle 

"Avec cette spin-off, nous avons une opportunité unique pour enfin rendre accessible à tous une découverte scientifique réalisée dans les laboratoires de l’UCL," insiste le professeur. Si dans un premier temps, les demandes de mise sur le marché européen, formulées à l’EFSA (Agence de sécurité alimentaire européenne) pour ce complément alimentaire, devront occuper les équipes, d’autres développements potentiels sont explorés.

Il s’agit d’utiliser une protéine de surface de la fameuse bactérie identifiée à l’UCL. Cette protéine confère l’effet bénéfique de la bactérie sur la limitation de l’obésité et du diabète de type II. Elle peut désormais être produite en laboratoire en vue de son administration chez l’homme, où son innocuité sur la santé a également déjà été démontrée à l’UCL. On ne parle donc plus de complément alimentaire, mais bien de médicament aux perspectives intéressantes.

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