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Vaccination anti-Covid: les mutualités à la rescousse pour identifier les patients à risque

Les médecins généralistes se disent assaillis de questions concernant la campagne de vaccination contre le Covid-19. ©BELGAIMAGE

En Belgique, 1,5 million de patients à risque pourront se faire vacciner en priorité. Les mutualités devraient jouer un rôle clé dans leur identification.

Après les maisons de repos, le personnel de soin et les plus de 65 ans, ce sera au tour des patients à risque de 18 à 64 ans de pouvoir bénéficier d’un vaccin anti-Covid. La liste des pathologies qui donneront droit à cette priorité a été affinée la semaine dernière.

58%
En 2019, seulement 58% des Bruxellois disposaient d'un dossier médical global.

Elle comprend notamment les plus de 45 ans qui souffrent de diabète ou de maladies pulmonaires, cardiovasculaires ou neurologiques chroniques, ainsi que les plus de 18 ans immunodéprimés ou dialysés. Soit, au total, 1,5 million d’individus, estiment les autorités belges, dont la vaccination devrait commencer durant la deuxième quinzaine du mois de mars. Depuis, les médecins généralistes se disent assaillis de questions.

Dossier médical global

Les personnes à risque ne doivent se soucier de rien si elles disposent d’un médecin généraliste régulier qui se charge de leur dossier médical global (DMG), a indiqué, la semaine dernière, le commissariat corona du gouvernement. "En revanche, les patients à risque qui n’ont pas de médecin généraliste attitré doivent prendre contact avec le médecin de leur choix en vue de constituer un DMG."

"En principe, ce sont les données mutualistes qui permettront d’identifier cette population à risque, sur base de la facturation d’actes médicaux ou de médicaments."
Bruno Deblander
Directeur de la communication chez Solidaris

Le problème? Tout le monde est loin de disposer d’un tel dossier médical global. Selon les statistiques de l’Inami, c’était le cas de 71% des Belges seulement en 2019. Et la situation est très variable selon les provinces, a indiqué le ministre de la santé Frank Vandenbroucke en réponse à une question parlementaire: 87% des Limbourgeois possèdent un tel dossier, mais 58% seulement des Bruxellois. La Wallonie se situe entre les deux, avec un taux qui varie entre 63 et 71%.

Une question de légalité

Comment, dans ces conditions, éviter que trop de monde ne passe entre les mailles du filet? "En principe, ce sont les données mutualistes qui permettront d’identifier cette population à risque, sur base de la facturation d’actes médicaux ou de médicaments, comme, par exemple, l’insuline pour les diabétiques", indique Bruno Deblander, directeur de la communication chez Solidaris. En principe, parce que les autorisations nécessaires, celles du Comité de sécurité de l’information de la Banque Carrefour et de l’Autorité de protection des données, n’ont pas encore été délivrées, précise Solidaris.

"La liste serait transmise à l’agence intermutualiste, avec juste le nom des personnes concernées, pour respecter la confidentialité des données. Les généralistes n’interviendraient que dans un deuxième temps, pour ajouter des personnes qui, par exemple, souffrent de comorbidités qui n’impliquent pas de traitement, comme l’obésité. Mais tout cela est encore au conditionnel, on attend une décision définitive", complète Elodie Debrumetz, responsable presse à la Mutualité chrétienne.

La task force vaccination confirme que le processus passera par un croisement des listes des patients identifiés par les mutualités et de ceux indiqués par les médecins généralistes.

Croiser les listes de patients

Au cabinet du ministre bruxellois de la santé Alain Maron, particulièrement concerné vu le faible pourcentage de la population disposant d’un dossier médical global, on se veut rassurant. "Il y a un accord de principe avec les mutuelles, qui respecte le RGPD. A priori, cela ne devrait pas poser de problème."

La task force vaccination confirme que le processus passera par un croisement des listes des patients identifiés par les mutualités et de ceux indiqués par les médecins généralistes, pour que les personnes concernées n'aient pas à entreprendre la moindre démarche.

Mais à la question légale, s'ajoute celle de la logistique. Il est prévu de finaliser d’ici le 15 février un "système informatique central performant", selon un document du commissariat corona, pour pouvoir envoyer les invitations à se faire vacciner par SMS, email ou lettre.

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