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Vaccination: le handicap belge

Journaliste

Alors que les laboratoires pharmaceutiques ont mis au point un vaccin en une dizaine de mois, il serait incompréhensible que la crise se prolonge à cause d'un État défaillant.

Mais pourquoi un démarrage aussi lent? Alors qu’Israël a réussi le tour de force de vacciner un million de personnes contre le Covid-19 en deux semaines, la Belgique va seulement entamer ce mardi sa campagne de vaccination grandeur nature, après une très médiatique phase d’essai suivie d’une pause presque incompréhensible.

Les délais donnés pour la suite du calendrier ne sont pas beaucoup plus encourageants.  Pour les personnes atteintes de maladies chroniques et les plus de 65 ans, le tour viendra au mois de mai. Même si les vaccins prévus reçoivent une autorisation de mise sur le marché, et qu'aucun grain de sable ne vient gripper la complexe machinerie belge, l'objectif fixé à 70% de la population vaccinée ne sera pas atteint avant le mois d'octobre. Un délai excessif. Car d’ici là, on fait quoi? On reconfine pour les troisième et quatrième vagues? On donne le coup de grâce à tout un pan de l’économie du pays et on assiste, impuissants, à l’inexorable envolée du nombre de décès?  

"Les taux d'infection encourageants de ces dernières semaines ne doivent pas faire illusion."

Le rythme des fournitures des doses de vaccins n’est pas la seule explication de ce calendrier poussif. On ne peut en effet que constater que les deux pays les moins avancés pour la vaccination -la France et la Belgique- sont pourvus d’une administration hypertrophiée, d’une bureaucratie étouffante et d’institutions redondantes, le tout sur fond de prélèvements publics records. Difficile également de passer sous silence les déboires rencontrés avec les masques, les ratés au cours de la campagne de tests, les consignes sanitaires erratiques et l’échec des autorités à mettre en place un système de traçage performant.

Qu’on le veuille ou non, tous les pays sont engagés dans une course contre la montre.  Certains sont bien partis. D’autres, comme la Belgique, démarrent avec un sérieux handicap. Les taux d'infection encourageants de ces dernières semaines ne doivent pas faire illusion: on ne voit pas d'autre solution que la vaccination pour la sortie de crise. Alors que les laboratoires pharmaceutiques ont réussi l’exploit sans précédent dans l’histoire de la médecine de mettre au point, en une dizaine de mois, un vaccin contre une maladie identifiée il y a un an, il serait incompréhensible que cette situation dantesque se prolonge à cause d'un État défaillant.

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