Valérie Glatigny, une philosophe qui a du chien

Valérie Glatigny en compagnie de Bob, l'un de ses deux borders collies ©Kristof Vadino

Licenciée en philosophie, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) chérit le questionnement perpétuel. Autour d'un café, nous l'avons appliqué à quelques-unes de ses passions.

Neuf heures précises lors d'un jeudi ensoleillé. C'est une Valérie Glatigny tout sourire, accompagnée par Bob, qui nous accueille à l'entrée d'un lotissement résidentiel à Woluwe-Saint-Pierre. Pour cette série d'été, nous avions donné carte blanche à la ministre: "Emmenez-nous où vous voulez pour nous parler de ce que vous aimez, en dehors de la politique". Quand son équipe nous a rappelés pour nous proposer de la rencontrer chez elle, on l'avoue: on était un peu déçus...    

Maintenant qu'on est sur place et qu'on a rencontré Bob et Rosie, on ne l'est plus du tout. La libérale francophone a décidé de jouer le jeu en nous présentant ses animaux, des borders collies de neuf et dix ans. "Dès que j'ai du temps, la première chose que je fais, c'est les emmener se balader dans la nature, c'est vraiment quelque chose de très important pour moi", nous explique-t-elle.

"Lorsqu'on caresse un chien, il y a un phénomène psychique d'apaisement qui se crée dans le cerveau. Je le vérifie chaque jour!"

À ses yeux, aucun doute possible: son interaction avec ses chiens lui permet d'être une ministre plus efficace au quotidien. "On est meilleur dans un domaine quand on est capable à un moment donné de faire autre chose qui n'a rien à voir. Lorsqu'on caresse un chien, il y a un phénomène psychique d'apaisement qui se crée dans le cerveau. Je le vérifie chaque jour!"

En plus des caresses et des promenades, Bob et Rosie sont aussi mis à l'épreuve: slaloms et parcours d'obstacles trônent dans la cour. Quand ils étaient plus jeunes, Valérie Glatigny les guidait même régulièrement sur des parcours d'agility, un sport canin dont l'objectif premier est de rapprocher l'animal et son maître.

"Si l'homme n'avait pas eu ce fidèle allié qu'est le chien pour se sédentariser en gardant le troupeau, il n'aurait probablement pas fait certains bonds en avant en matière d'évolution."

"Ce sont des chiens de travail, ils ont été sélectionnés pour interagir avec les êtres humains. Ils sont extrêmement focalisés sur le langage non verbal, sur la tonalité de la voix, sur nos expressions", s'enthousiasme la ministre. "Si l'homme n'avait pas eu ce fidèle allié qu'est le chien pour se sédentariser en gardant le troupeau, il n'aurait probablement pas fait certains bonds en avant en matière d'évolution", ajoute-t-elle, intarissable sur le sujet.

Passion philosophique

Bien plus qu'un centre d'intérêt, les rapports entre les humains et les animaux constituent une véritable fascination pour notre interlocutrice. Depuis plusieurs années, elle s'intéresse d'ailleurs aux travaux du philosophe australien Peter Singer. "Il remet notamment en question le fait que les animaux sont appelés à être dominés par l'homme qui se trouve au sommet de la pyramide. Il a mené toute une réflexion sur d'éventuels droits pour les êtres non humains. C'est d'ailleurs en le lisant que je suis devenue végétarienne." Encore aujourd'hui, cet auteur ne quitte quasiment jamais sa table de chevet, confesse-t-elle.

À côté des ouvrages philosophiques qui occupent l'essentiel de sa bibliothèque, la native de Marche-en-Famenne, installée de longue date à Bruxelles, apprécie les bandes dessinées "Calvin et Hobbes" de Bill Watterson. "J'adore la fausse naïveté contenue dans cette série. Il y a une ambiguïté constante sur le statut du tigre, est-ce une peluche ou un animal réel? En fait, c'est une vraie BD philosophique sur la capacité à se mettre à la place d'un autre pour voir le monde comme lui, il le voit."

Pas de doute, Valérie Glatigny se sentirait comme un poisson dans l'eau si elle venait un jour à exercer la compétence du Bien-être animal... Pour l'heure, elle se dit toutefois très satisfaite avec son déjà touffu portefeuille ministériel.

C'est une constante lors de notre discussion, notre hôte ne se départit jamais tout à fait de sa formation philosophique. Pas même lorsqu'il s'agit d'aborder les séries télévisées qu'elle affectionne. Quand elle nous parle d'Homeland, c'est pour s'enthousiasmer sur la complexité du personnage principal, "une femme bipolaire, dont la maladie influence les événements". Dans la série politique danoise Borgen, c'est toute la réflexion sur la question des "couples de pouvoir" qui l'a fascinée. "Au-delà, cette série a fait tomber le fantasme que les femmes en politique sont différentes des hommes", assure-t-elle.

Natation

Ses chiens, des ouvrages philosophiques, des dîners en famille et un peu de fiction occupent donc Valérie Glatigny lorsqu'elle ne gère pas l'une de ses neuf compétences.

"Quand on nage, le temps s'arrête, on ne pense plus à rien si ce n'est à coordonner ses mouvements et contrôler sa respiration. Quelque part, on met le cerveau en pause et le corps prend le relais."

Pour se retrouver dans une bulle, isolée du monde extérieur, elle a un dernier truc: enchaîner les longueurs à la piscine. "Quand on nage, le temps s'arrête, on ne pense plus à rien si ce n'est à coordonner ses mouvements et contrôler sa respiration. Quelque part, on met le cerveau en pause et le corps prend le relais". Cela aussi, c'est parfois bien nécessaire...

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