Vandenbroucke ne se prononce pas sur l'horeca mais laisse espérer la reprise des voyages

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke et le Premier ministre Alexander De Croo ©BELGA

Le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, n'a pas voulu s'exprimer dimanche sur une possible réouverture du secteur de l'horeca au 1er mai, mais a laissé entrevoir un possible allègement de l'interdiction des voyages non essentiels.

Invité du journal de la chaîne de télévision privée VTM à trois jours d'une nouvelle réunion du Comité de concertation (le 14 avril), le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a souligné que la situation sanitaire restait sérieuse, même si le nombre de nouvelles contaminations au Sars-CoV-2 et d'hospitalisations était en baisse.

Selon Frank Vandenbroucke, la réouverture de l'horeca doit principalement se faire "en toute sécurité", afin d'éviter toute surcharge des hôpitaux.

"Nous ne devons pas jouer au poker avec la capacité de nos hôpitaux. Cela met en danger les soins de santé pour tout le monde", a répété Frank Vandenbroucke (Vooruit) à plusieurs reprises. Actuellement, il n'y a que 114 lits intensifs disponibles dans notre pays. "C'est encore beaucoup trop risqué", a-t-il souligné.

Mais il s'est refusé d'indiquer si la réouverture prévue des entreprises de l'horeca le 1er mai serait remise en question, comme l'a suggéré le commissaire fédéral corona, Pedro Facon. Le ministre a souligné qu'une telle réouverture devrait principalement se faire "en toute sécurité", afin d'éviter toute surcharge des hôpitaux.

Les écoles d'abord

L'épidémiologiste Pierre Van Damme, membre de la taskforce vaccination et expert au sein du GEMS, n'a pas non plus voulu se prononcer sur une éventuelle réouverture de l'horeca le 1er mai, mais pense que la distinction entre intérieur et extérieur devrait être remise sur la table. "Cela doit se faire en fonction des critères convenus pour assouplir les mesures, comme un maximum de 75 admissions quotidiennes dans les hôpitaux. Nous ne pouvons pas les laisser tomber (...) Réfléchir une ou deux semaines et ne pas se précipiter peut avoir un effet incroyable dans le futur. Pas à pas, c'est ce qu'il y a de plus sage", a-t-il insisté dimanche dans le journal de la VRT.

"La courbe doit redescendre et ne pas rester bloquée sur un plateau élevé. L'augmentation du nombre de vaccinations y contribuera, mais pas à elle seule."
Pierre Van Damme
Expert au sein du GEMS

L'épidémiologiste s'est par ailleurs réjoui que la campagne de vaccination dans notre pays prenne sa vitesse de croisière. "Nous sommes en train de combler le retard sur les plus de 65 ans. Nous pouvons ainsi passer plus rapidement à la population générale", a-t-il déclaré. Les indicateurs de l'épidémie semblent enfin baisser à nouveau, s'est également félicité Pierre Van Damme, tout en soulignant que le taux de positivité de 8% reste trop élevé.

"La courbe doit redescendre et ne pas rester bloquée sur un plateau élevé. L'augmentation du nombre de vaccinations y contribuera, mais pas à elle seule", a-t-il poursuivi, indiquant que rouvrir les écoles reste une priorité. "Ce n'est qu'après", estime-t-il, "qu'il sera possible de s'asseoir avec d'autres secteurs comme l'horeca et la culture et de voir ce qui est possible".

Le ministre de la Santé part du principe que les cours reprendront le 19 avril. "Cela a toujours été une priorité. La semaine de congé supplémentaire avant les vacances de Pâques faisait exception". Il ne s'est toutefois pas exprimé sur les modalités de reprise des cours, en présentiel ou en ligne. "Sur ce sujet, je ne me prononce pas", a-t-il dit.

Vers la fin de l'interdiction de voyager

En outre, l'interdiction des voyages non essentiels vers d'autres pays de l'Union européenne expire en principe dimanche prochain, le 18 avril. Frank Vandenbroucke a laissé entendre dimanche que cette mesure, contestée par l'UE, ne serait pas prolongée. "Mais il y aura des contrôles et des sanctions pour les personnes revenant d'une zone rouge sans se faire tester", a-t-il prévenu.

Pour le ministre, la promesse selon laquelle les plus de 65 ans auront reçu au moins une première dose d'ici la fin du mois, tient toujours.

Enfin, le ministre de la Santé a demandé un avis concernant d'éventuels assouplissements pour les personnes déjà vaccinées. Il a insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas de privilèges, comme pouvoir aller au café par exemple, mais de questions relatives aux visites des petits-enfants chez leurs grands-parents vaccinés ou encore au port du masque pour les soignants vaccinés accompagnant les personnes en fin de vie.

Pour le ministre, la promesse selon laquelle les plus de 65 ans auront reçu au moins une première dose d'ici la fin du mois, tient toujours. Les centres de vaccination seront encore approvisionnés au cours des prochaines semaines. "Il s'agit d'un stress test important, mais je suis optimiste", a-t-il conclu.

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