Vandeput écarte l'offre française pour le remplacement des F-16

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Pour le ministre de la Défense, la France n'a pas répondu à l'appel d'offres pour le remplacement de nos F-16. Il renvoie la décision finale à l'ensemble de l'équipe Michel. L'opposition demande l'arrêt de l'appel d'offres pour prendre en considération le partenariat proposé par Paris.

Pour le ministre belge de la Défense, la France s'est mise hors jeu: Steven Vandeput a constaté en commission de la Défense de la Chambre que Paris n'avait pas répondu dans les règles à l'appel d'offres lancé par le gouvernement belge pour l'achat de 34 nouveaux avions de combat.

Le Rafale de Dassault ©© Dassault Aviation / ©

"Aucune offre de prix ni aucune réponse n'a été transmise par la France aux 164 questions posées aux candidats dans le RfGP et qui aurait dû constituer, en substance, la proposition gouvernementale attendue", a souligné Steven Vandeput (N-VA) devant les députés, en se fondant sur des avis juridiques internes et externes demandés par le gouvernement. Or, a-t-il précisé, "je ne vois aucun élément qui n'aurait pas permis à la France de remettre une proposition gouvernementale détaillée conformément à ce qui était demandé dans le RfGP", l'appel d'offres lancé en mars par le ministère de la Défense.

"Nous ne pouvons que constater que les Français ne souhaitent pas participer à la compétition telle que définie par la décision du Conseil des ministres du 17 mars", qui a marqué le début de l'appel d'offres, a-t-il poursuivi.

Il a souligné, dans le même temps, qu'il revenait au gouvernement fédéral dans son ensemble de répondre à la proposition de "partenariat approfondi" formulée début septembre par Paris autour du chasseur Rafale.

Selon lui, "c'est au gouvernement de décider ce qui doit se passer avec la lettre (du 6 septembre dernier) de ma collègue français", Françoise Parly, sur un partenariat "approfondi" et "structurant" bâti autour de l'avion de combat Rafale du groupe Dassault Aviation.

Deux candidats en lice

Le F-35 de Lockheed Martin ©Liz Lutz, Multimedia Aircrew Pho

Plusieurs députés de l'opposition présents ont constaté que si le gouvernement suivait l'avis du ministre de la Défense, il ne resterait donc plus que deux candidats en lice.  Pour George Dallemagne (Cdh), le fait que la compétition se résume désormais à faire un choix entre le F-35 de Lockheed Martin, donné comme le favori, et l’Eurofighter Typhoon, défendu par les Britanniques (quoiqu’il s’agisse d’un appareil européen) est une mauvaise chose. Il a évoqué un choix " contraint et forcé " entre acheter auprès d’un "  pays qui ne participe pas aux enjeux de la défense européenne et s’apprête à quitter l’Union européenne " ou auprès d’un Etat " dont le Président a pour mot d’ordre America first ".

A ses yeux, l’offre française ne peut être écartée et le gouvernement devrait examiner la possibilité de stopper l’appel d’offres en cours, ce que prévoit d’ailleurs, selon lui, la RFGP. Pour le député centriste, ce n’est désormais " plus une question juridique, mais bien politique ".

L'Eurofighter Typhoon. ©BELGAIMAGE

"Trois candidats se sont retirés avant même que la compétition ne commence. Le CEO de Dassault Aviation a dit que la compétition n’était pas équitable" a déploré de son côté Wouter De Vriendt (Groen) en évoquant les rumeurs sur le tropisme de la Défense en faveur du F-35. "Il ne reste que deux candidats, dont un Britannique, je ne dois pas faire un dessin. La procédure actuelle ne permet pas de faire une exception pour la France. Mais si vous ne gardez plus de concurrence, il y aura moins d’avantages pour notre pays " a-t-il ajouté. 

Les critiques à propos d'un penchant du gouvernement et des militaires belges en faveur du F-35, émises notamment par le CEO de Dassault Aviation, Eric Trappier, au cours d'une interview à L'Echo juste avant le salon du Bourget en juin, ont été très mal accueillies par le ministre belge de la Défense. "Ma collègue française de la Défense n’a fait aucune allusion au fait que la compétition serait truquée. Si quelqu’un d’autre l’affirme, qu’il vienne avec des preuves" s'est insurgé Steven Vandeput en réaction aux insinuations de plusieurs parlementaires de l'opposition.

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