chronique

Vers une école du savoir ET du savoir-être?

ex-CEO Moutarderie Bister L’Impériale

La chronique de Fabienne Bister.

Violence et harcèlement à l’école semblent inévitables dans un monde qui n’enseigne pas le savoir-être. Les technologies et le savoir-faire évoluant rapidement, il me semble essentiel d’introduire dans nos écoles des cours de relationnel, de capacités à avoir un comportement adapté à soi-même et à son environnement, qu’il soit humain ou naturel. Tout l’inverse d’une télé-non-réalité et des films sombres ou violents comme base de développement des enfants.

Fabienne Bister. ©doc

Reconnaissance de ses émotions et de la manière d’y réagir, communication (non violente) adéquate, écoute active, gestion du stress et des conflits, prise de responsabilité sont des matières fondamentales à connaître pour s’épanouir, apprendre en ayant le désir d’être heureux.

Ces matières, combinées à un cours de citoyenneté (dans quel pays je vis, qu’est-ce qu’une démocratie, qu’implique mon droit de vote, comment vit-on sous d’autres cultures, quels sont mes droits et devoirs, bases en droit civil et commercial) pourraient être enseignées à raison d’une heure par semaine tout au long de la scolarité, dès la maternelle.

Appellerions-nous cette combinaison de « citoyenneté et savoir-être » le cours de VIE ? Tout l’opposé d’un cours de rien !

Appellerions-nous cette combinaison de « citoyenneté et savoir-être » le cours de VIE ?  Tout l’opposé d’un cours de rien !  Un enfant confiant en ses ressources, créatif, comprenant sa place dans le monde, sachant gérer ses émotions et se comporter adéquatement est armé pour la vie.  Il s’intéresse alors plus facilement au savoir et au savoir-faire car il est gourmand de connaissances et de compétences, dont il comprend l’utilité pour son développement. Il peut devenir un adulte épanoui, responsable et autonome, ce qui sera précieux aussi en milieu professionnel.

Du jeu, de la joie, de la réflexion...

Il s’agit bien d’un cours séparé, avec ses matières précises, enseignées au fil des ans.  Vouloir transformer les professeurs en coachs est insuffisant et pose la question de leur formation en ce domaine.  Mon idée, c’est que chaque (petit) être humain jongle avec ces matières, apprises au fil des âges, de 3 à 18 ans.

Quelques exemples concrets ? Les émotions peuvent être identifiées dès la maternelle via l’exercice du Bonhomme et des couleurs, puis gérées avec la technique de Thomas d’Ansembourg qui assied son émotion sur une chaise et dialogue avec elle. Faisons largement découvrir aux ados l’auteur Gounelle (via un livre simple comme « L’Homme qui voulait être heureux ») à côté de Zola !

Trouver son équilibre perso au sein de l’environnement peut s’apprendre via la roue systémique et les cercles d’influence. Les signes de reconnaissance (strokes) sont formidables pour soi-même et les autres. L’art d’entretenir des relations saines s’enseigne via le DESC, la stratégie du STOP, le Quadrant d’Ofman et le Triangle de Karpman, etc…

L’école devient un lieu plaisant et épanouissant où le savoir est assimilé autrement.

Avec ces outils de connaissance de soi, formant des enfants équilibrés, l’enseignement pourrait être vraiment passionnant, ouvrant une large place au jeu, à la joie, la réflexion, la philosophie mise en pratique, la psychologie, l’amour de la musique (rien à voir avec le cours de flûte obligatoire !), la découverte du théâtre et des arts plastiques, le yoga …

Les expériences existantes le montrent : il y a des atouts à piocher dans la méthode Montessori et dans la manière d’enseigner en Scandinavie.  L’école devient un lieu plaisant et épanouissant où le savoir est assimilé autrement.

10 ans pour changer notre société

L’apprentissage actuel de ces matières en maternelle, via la relaxation, la « météo perso » ou « comment je me sens ce matin », est merveilleux.  Ces jeunes enfants encouragent leurs parents à se calmer et gérer leur colère envers eux ?  Fabuleux et génial !

Il suffirait d’une demi-génération, environ dix années, pour que cela change fondamentalement toute notre société.  Les enfants sont directs et ils deviendront vite les formateurs de leur entourage plus âgé aux techniques de savoir-être… D’une pierre deux coups !  Alors, dans quelle société choisissons-nous de vivre ?

Fabienne Bister
Coach de vie professionnelle
Consultante en gestion d’entreprises

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés