analyse

Vigilance accrue à l'école et report du plan "plein air": voici les nouvelles mesures

Ils n'étaient que deux, ce vendredi soir. Le ministre fédéral de la Santé et le Premier. Mais il a beaucoup été question des ministres de l'Enseignement, qui ont des devoirs à rendre pour lundi. ©Photo News

Afin de rouvrir sans restrictions les écoles le 19 avril et l'horeca en mai, le Comité de concertation gèle le plan "plein air" et attend un plan d'action pour l'enseignement.

Ils n'étaient que deux, ce vendredi, à présenter les conclusions d'un Codeco électronique. Le Premier, Alexander De Croo (Open Vld), et son ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a). "J'espère que c'est la dernière fois que nous venons avec des mauvaises nouvelles à l'issue du Comité de concertation", glisse le tandem, qui incarne la "ligne dure" sur le plan sanitaire.

"J'espère que c'est la dernière fois que nous venons avec de mauvaises nouvelles à l'issue d'un Comité de concertation."
Alexander De Croo
Premier ministre

Justement. Que disent les données épidémiologiques? La situation est mitigée, dirons-nous. Parce que l'explosion des contaminations, crainte plus tôt dans la semaine au vu des plus de 5.000 tests positifs comptabilisés lundi, ne s'est pas produite. La moyenne journalière est revenue dans les rangs, poursuivant sa plus sage remontée. "Tant les contaminations que les admissions à l'hôpital augmentent", souligne le Premier. "Nous sommes dans une sorte de faux plat."

Contacts en hausse

Bien sûr, ce rebond était inscrit dans les modèles mathématiques présentés fin février. Seulement, l'accélération est un brin plus rapide que prévu. Les variants, plus virulents (d'environ 40%) et à présent majoritaires (environ 77,5% des échantillons séquencés), font que le virus circule davantage. Ce qui n'explique pas tout. "Nos comportements aussi ont changé", insiste Alexander De Croo. "Nous rencontrons davantage de gens." L'occasion donc de rappeler le message de base, qui n'a guère évolué, tout comme les règles sanitaires. "Il faut limiter les contacts. Et si vous devez rencontrer quelqu'un, faites-le dehors."

"Nos comportements aussi ont changé. Nous rencontrons davantage de gens; l'analyse des contacts l'a montré."
Alexander De Croo

À cela s'ajoute la situation préoccupante des écoles, qui viennent de dépasser les entreprises en tant que principaux foyers du virus (37% contre 36%). "Beaucoup d'enfants contaminés ramènent le virus à la maison. Et si les parents ne sont pas au télétravail, ils emmènent ensuite le virus avec eux sur leur lieu de travail."

37%
Des foyers du virus
Dans le dernier bilan épidémiologique dressé par Sciensano, il apparaît que les écoles représentent 37% des foyers du virus, contre 36% pour les entreprises.

Deux dates, deux caps

Voilà pour l'état des lieux. Qui a poussé les autorités à revoir les promesses d'assouplissement à la baisse. D'objectifs, il n'en subsiste plus que deux. Le 19 avril, à la sortie des congés de Pâques: ouverture intégrale des écoles. "Tous les élèves dans les classes, tous les jours", résume Frank Vandenbroucke. Et le 1er mai: "réouverture, pour de bon, des cafés et des restaurants".

"Nous avons besoin de meilleurs chiffres et disposons d'un mois pour y parvenir."
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

Mais tout ceci n'est pas envisageable avec des indicateurs épidémiologiques aussi élevés, tempère le ministre de la Santé, maniant à la fois la carotte et le bâton. "Nous avons besoin de meilleurs chiffres et disposons d'un mois pour y parvenir."

Mesures supplémentaires à la clef – l'arsenal de base restant d'application, comme l'interdiction des voyages non essentiels, prolongée jusqu'au lendemain des congés.

On attend les ministres de l'Enseignement

Dans les écoles, évidemment. Où, comme prévu, le port du masque s'imposera aux 5e et 6e primaires, tandis que le retour en 100% présentiel pour les 3e et 4e secondaires, un temps avancé au 29 mars, retourne à la case départ, à savoir le 29 avril. Autre balise fixée: après les congés, les tests répétitifs doivent être au point; pour les seuls enseignants dans un premier temps.

Ce n'est pas tout. Et l'on sent ici poindre une sorte de confrontation entre l'étage fédéral et les Communautés. Fédéral qui a tiqué lorsque les ministres de l'Enseignement, tant en Flandre qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles, ont balayé la proposition d'anticiper les congés de Pâques, en fermant les classes avec une semaine ou deux d'avance.

Très bien, à chacun ses responsabilités, acquiescent De Croo et Vandenbroucke. Qui demandent aux ministres de l'Enseignement de présenter, d'ici lundi, un plan d'action "afin de réduire au maximum les contaminations au sein des écoles." Patate chaude refilée aux Communautés.

Tests rapides et adieu plein air

Là où le télétravail n'est pas possible, une campagne de dépistage au moyen de tests antigéniques rapides sera déployée dans les entreprises et au sein de la fonction publique. La Belgique travaille encore son arsenal législatif afin de permettre l'entrée en scène des autotests.

"Nous ne voulons pas donner de faux espoirs."
Frank Vandenbroucke

Deux dates, cela signifie que la troisième passe à la trappe. Le plan "plein air", devant débuter le 1er avril et mêlant entraînements sportifs, parcs d'attractions, événements ou spectacles, est mis sur pause. Sans qu'une date soit fixée pour son activation. "Nous ne voulons pas donner de faux espoirs", explique Frank Vandenbroucke. Une exception toutefois, pour la jeunesse: les activités pour les moins de 18 ans peuvent être maintenues, à condition qu'elles se fassent à moins de dix personnes et sans nuitée. Dehors pour les plus de 12 ans, et "de préférence à l'extérieur" pour les moins de 12 ans.

On allait oublier la touche folklorique. Les places dans les trains touristiques seront limitées. Et en dehors des jours d'écoles, dans les trains, les passagers de plus de 12 ans sont priés de s'asseoir côté fenêtre.

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