Vivaldi: un "effort symbolique" sera demandé aux plus riches

Egbert Lachaert: "Nous visons les 'happy few' qui disposent d'une grande fortune." ©BELGA

Un accord oral a été trouvé entre les présidents de parti du gouvernement De Croo pour faire contribuer ceux qui détiennent plus d'un million d'euros de placements.

Dans toute une série de domaines, l'accord de gouvernement De Croo  témoigne de grosses ambitions. Mais il contient aussi quelques ambiguïtés qui augurent de solides prises de tête à venir.

Il en va ainsi du chapitre fiscal, où les phrases sibyllines ne manquent pas. Voyez ce passage: "Le gouvernement demandera une contribution équitable aux individus qui ont la plus grande capacité contributive, dans le respect de l'entrepreneuriat. Cette contribution s’inscrira dans le cadre des efforts requis dans le contexte sanitaire actuel et des besoins en soins de santé. Une proposition sera introduite
lors du prochain contrôle budgétaire."

S’agit-il d’une future taxe sur les "super riches", comme la présente volontiers le PS? Certainement pas, répond le MR, qui insiste sur la terminologie: l’accord parle d’une contribution, pas d’une taxe.

OK. Mais au-delà de la sémantique, de quoi parle-t-on? Egbert Lachaert, le président de l’Open Vld et l’un des deux préformateurs, va plus loin sur le sujet ce samedi dans une interview accordée au Tijd. "Un impôt sur les plus-values est exclu et ce ne sera pas une taxe qui rapporte des milliards", balise-t-il. "Ce sera plutôt 200 millions d’euros. Nous ne visons pas celui qui travaille, entreprend ou a un peu épargné, mais les ‘happy few’ qui disposent d’une grande fortune."

Selon nos informations, le président des libéraux flamands est à la base de cet accord oral trouvé entre présidents de parti sur le principe. Les modalités doivent donc encore être fixées.

"Nous voulons concrétiser cela assez vite."
Egbert Lachaert
Président de l'Open Vld

"Nous voulons concrétiser cela assez vite", situe Egbert Lachaert, ajoutant que la barre a été fixée à "un million d’euros en placements". "Ce n’est pas parce qu’on possède une maison ou des actions d'une PME familiale d’une valeur d’un million d'euros que l’on sera imposé. Nous regardons plutôt les placements en millions d’euros. En cette période de crise corona, nous allons leur demander de faire un effort symbolique."

Le libéral ajoute encore que l’idée n’est pas de créer un cadastre du patrimoine. "Nous allons donc devoir trouver des solutions pour que l’argent soit imposé à la source, par exemple lorsqu’une transaction est effectuée."

Manifestement, il y a encore du pain sur la planche pour donner corps à l'intention gouvernementale. Il faudra aussi trouver une base juridiquement valable pour ce prélèvement nouveau. Pas simple. Le gouvernement Michel avait déjà tenté, sans succès, d’imposer les spéculateurs et les détenteurs de comptes-titres de plus de 500.000 euros.

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