Voici à quoi ressemble la nouvelle carte d'identité

La nouvelle version de la carte d'identité belge arrive. ©BELGA

Les nouvelles cartes d'identité belges ont été présentées mardi à Lokeren. Dotées d'un nouveau design, elles comporteront désormais les empreintes digitales de leur propriétaire.

La phase de test du nouveau modèle de carte d'identité a été lancée ce mardi à Lokeren. Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), y a remis au bourgmestre Filip Anthuenis (Open Vld) le premier exemplaire de la nouvelle version. La carte d'identité électronique s'offre d'abord un relooking, notamment de nouvelles couleurs, pour répondre "aux règles internationales strictes qui rendent les contrôles d’identité plus efficaces", selon le SPF Intérieur. 

©Mediafin

La photo d'identité sera également placée à gauche, et non plus à droite. Mais la principale nouveauté, c'est l'insertion des empreintes digitales du propriétaire de la carte, comme c'est déjà le cas sur les passeports. Une mesure controversée, critiquée notamment par la Commission de protection de la vie privée et par plusieurs associations

Le ministère de l''Intérieur précise néanmoins que seules les instances compétentes peuvent lire la puce. L'objectif: combattre les fraudes à l'identité. "L'intégration des empreintes digitales est conforme au règlement européen 2019/1157 du 20 juin 2019 qui oblige les États membres à inclure les empreintes digitales sur leurs cartes d'identité", a souligné le ministère de l'Intérieur. 

Dans les prochaines semaines, 25 autres communes participeront au projet pilote. Si la phase de test se révèle concluante, la nouvelle carte sera délivrée dans l'ensemble du pays à partir du mois de mars. "Le citoyen ne doit pas demander de nouvelle carte eID tant qu’il a encore son ancienne carte et que celle-ci reste valable. À la fin de la période de validité de la carte, il recevra une convocation dans sa boîte aux lettres."

3 questions à Bart Preneel

Professeur à la KU Leuven, membre du Computeur Security and Industrial Cryptography (COSIC) et auteur d’une étude sur la pertinence de l‘ajout des empreintes digitales sur la carte d’identité belge.

1/ Votre étude conclut que l’ajout des empreintes digitales à la nouvelle carte d’identité est une mesure "superflue, particulièrement risquée et disproportionnée", pourquoi?

Le plus grand risque est que le gouvernement a décidé de créer, pour les empreintes digitales, une base de données centrale qui aura à chaque fois une durée de vie de 3 mois. S’il y a une attaque sur cette base et que les empreintes sont volées, les conséquences pourraient être dramatiques. Centraliser ce type de données sans prouver le besoin de le faire est un non-sens. La mesure est disproportionnée car les cas où les empreintes vont être utiles pour identifier une fraude sont extrêmement limités.

2/ Le SPF intérieur a déclaré que les arguments présentés dans votre étude ne sont pas "pertinents"? Que répondez-vous?

Je regrette de ne pas avoir été invité pour discuter avec eux. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas présenté une seule étude ou des chiffres prouvant que la fraude des cartes d’identité est en hausse et nécessite ce type de mesure. Qui va vérifier que ses empreintes sont bien détruites après 3 mois? Pour quoi vont-elles être utilisées exactement? Ces questions restent sans réponse pour le moment.

3/ Quel droit a le citoyen? Peut-il refuser de donner ses empreintes?

Après une lecture attentive de l’arrêté royal, il s’avère que le citoyen est obligé de donner ses empreintes. Le RGPD classe les données biométriques dans la catégorie "sensible", mais ce n’est pas pour ça que le Belge aura un droit de regard sur l’utilisation qui en sera faite. Si le citoyen refuse de donner ses empreintes, il pourrait se voir refuser sa carte d’identité et être donc dans l’illégalité.

 

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