analyse

Voici les dossiers qui attendent le gouvernement

©Dieter Telemans

L’été politique s’achève. C’est reparti pour le gouvernement fédéral, qui tient son premier conseil des ministres ce vendredi. Alors on fait le point: quels sont les dossiers encore sur la table de la majorité suédoise?

Allez, la page estivale se tourne. Il faut bien se l’avouer: c’est la rentrée. Lundi, pour les cartables. Et ce vendredi pour le gouvernement Michel, qui tient son premier conseil des ministres depuis qu’il a tricoté, fin juillet, son budget 2019 et son accord sur les métiers en pénurie, le bien nommé "jobsdeal". C’est l’occasion de faire le point sur ce que l’on peut encore attendre de l’exécutif fédéral durant cette (petite) année doublement électorale. Un grand classique de la rentrée, on ne le vous cache pas.

1. Le combo Arco/Belfius

C’est l’un des pans de l’accord bouclé durant cet été 2018: 30% de Belfius seront introduits en Bourse, tandis qu’un fonds de 600 millions d’euros sera mis sur pied afin d’indemniser les quelque 800.000 coopérateurs Arco. Voilà pour la théorie; la pratique risque de s’avérer un brin plus complexe. Parce que la Commission européenne a annoncé qu’elle se pencherait une fois de plus sur le bricolage Arco. Et que les conditions de marché doivent être réunies pour l’IPO de la banque publique – il serait question d’un lancement fin octobre ou début novembre. Ayant raté une fenêtre d’opportunité au printemps, le gouvernement aura les yeux rivés sur les humeurs boursières. Qui risquent de n’être pas suffisamment joyeuses, échaudées par le ralentissement attendu de l’économie européenne durant le second semestre.

2. La mise en oeuvre du "jobsdeal"

C’était le grand oeuvre de cet accord estival, saison 2018. Le "jobsdeal", soit un arsenal de 28 mesures mitonné pour s’attaquer à la problématique des métiers en pénurie. Il est notamment question de dégressivité accrue des allocations de chômage, de coups de pouce pour la formation, de resserrement des conditions d’accès à la prépension et d’une formation des salaires davantage axée sur la productivité que sur l’ancienneté. Puisqu’il est question que cet accord sorte ses premiers effets dès janvier 2019, Michel doit s’atteler dès à présent à transformer l’essai et à couler ces principes en textes concrets et applicables.

3. Le pacte d’investissements stratégiques

L’idée avait été évoquée durant l’été 2016 par le Premier ministre en personne. La Belgique sous-investissant massivement dans ses infrastructures depuis une trentaine d’années, Charles Michel se proposait de relancer la machine. En mars 2017, un comité stratégique était mis sur pied afin de piloter le tout – un premier rapport, timide, voyait le jour en septembre. Eh bien, un an plus tard, c’est le rapport définitif dudit comité qui est attendu avec impatience, dernière étape avant que ne démarrent enfin les choses concrètes. Aux dernières nouvelles, il est question de mobiliser pas moins de 60 milliards d’ici 2030. Une première liste de projets a été dégagée par le Fédéral et les Régions, pesant quelque 9 milliards, avec 2020 comme ligne d’horizon.

4. Le remplacement des F-16

Attention: dossier copieux, technique et sensible. En février dernier, la Belgique recevait les deux offres finales des candidats au remplacement des 54 chasseurs-bombardiers F-16 que possède la Belgique. Un gros morceau, puisqu’il est question d’une commande de 34 appareils. En lice, le F-35 américain et l’européen Eurofighter Typhoon. Le hic, c’est que la France a décidé de jouer cavalier seule, proposant les services de son Rafale en dehors du cadre de la procédure lancée par la Belgique, mais faisant miroiter une offre de partenariat approfondi. De quoi diviser le gouvernement, la N-VA affirmant que la France s’est mise hors-jeu toute seule, contredisant les déclarations de Michel.L’air de rien, le temps commence à presser. Parce que l’une des offres expire à la mi-octobre et l’autre, début 2019 – même s’il n’est pas inenvisageable que la Belgique obtienne une prolongation de la validité. Michel, en tout cas, semble vouloir trancher prochainement. 

5. La définition des métiers pénibles

C’est acquis: la réforme des pensions initiée par Daniel Bacquelaine ne sera pas entièrement bouclée durant la législature; le système à points constituera un cadeau pour le prochain gouvernement. En attendant, Michel a encore quelques noeuds à trancher. Parce que si les partenaires sociaux se sont entendus sur la définition des métiers pénibles dans la fonction publique – la pénibilité devant permettre de dételer et de partir à la pension plus vite –, les discussions ont patiné en ce qui concerne le secteur privé. Patrons et syndicats ne s’entendant pas, la patate chaude revient sur la table du gouvernement. Ajoutons que celui-ci doit encore se pencher sur le compromis dégagé sur la fonction publique. Ce n’est pas forcément du tout cuit, la N-VA s’étant déjà montrée circonspecte sur le sujet. 

6. Un front social à gérer

A n’en pas douter, la rentrée sociale sera chahutée. Des menaces de grève planent déjà sur la journée du 2 octobre. Les syndicats sont (toujours) remontés contre la réforme des pensions, et l’accord sur les métiers en pénurie est venu redonner de la vigueur à leur ire. Dégressivité des allocations et remise en cause de l’ancienneté: la pilule passe mal. Ajoutez à cela qu’en juin dernier, Michel demandait une nouvelle fois aux partenaires sociaux de se pencher sur une révision du "gentlemen’s agreement" encadrant le droit de grève. Chaud devant!

 

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