analyse

Yves Van Laethem: "Nous ne sommes pas prêts pour un durcissement dans les écoles et les unifs"

Le taux de positivité chez les jeunes est supérieur à la moyenne de l'ensemble de la population. ©Kristof Vadino

L'épidémie reprend de la vigueur, Bruxelles ferme ses bars, les règles régissant la vie sociale sont durcies... Et ce sont les jeunes qui sont pointés du doigt. Dans ce contexte, qu'en est-il des écoles et des universités?

L'augmentation du nombre de contaminations au Covid-19 parmi les jeunes inquiète les autorités, surtout à Bruxelles. Une réunion a été fixée ce vendredi matin entre les autorités et les responsables des universités et hautes écoles présentes sur le territoire de la Région-Capitale.

Cela voudrait-il dire que l'on s'apprête à refermer à double tour les auditoires et salles de cours? Les écoles seraient-elles prêtes à être reconfinées, rapatriant des milliers de jeunes à la maison? Pas si vite. "Même si cela chauffe, nous ne sommes pas prêts pour un durcissement", dit Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19. "L'école n'a pas l'air d'être vue comme un milieu dangereux, l'encadrement y est très strict, cela explique que l'on reste dans le même code: jaune."

Taux de positivité supérieur chez les jeunes

Les dernières données de Sciensano montrent pourtant un taux de positivité qui flambe parmi les jeunes: près de 12% chez les 20-39 ans – presque deux fois plus que chez les moins de 10 ans et les seniors (65+), 10% chez les 10-19 ans, alors que la moyenne générale du taux de positivité dans la population est de 8% environ.

12%
TAUX DE POSITIVITé chez les 20-39 ANS
Les dernières données de Sciensano montrent pourtant un taux de positivité qui flambe parmi les jeunes: près de 12% chez les 20-39 ans – presque deux fois plus que chez les tout jeunes (moins de 10 ans).

D'après les dernières données de l'ONE qui datent de vendredi passé, 0,8% des élèves ont été mis en quarantaine (soit 7.215 élèves), 114 nouveaux cas de contamination ont été constatés la dernière semaine de septembre dans l'enseignement obligatoire, au total 1.138 élèves ont déjà été touchés.

Dans les universités, la situation est beaucoup plus complexe à évaluer. L'ULB, l'une des premières concernées par l'inquiétude vu sa situation géographique, a mis en place un système de tracing de ses étudiants, mais qui se fait sur base volontaire. "50% des jeunes disent avoir été contaminés avec certitude ailleurs, dans le cercle privé", dit le vice-recteur de l'ULB Alain Levêque. Au total, seuls 100 étudiants sur les 40.000 de l'universités ont signalé leur positivité.

À l'UCLouvain, on parle d'un taux de contamination d'un peu plus de 1% des élèves, soit 400 cas sur 32.000 élèves. "Mais c'est très compliqué d'avoir un tableau exact de la situation", dit l'UCLouvain. "Car les étudiants ne sont pas obligés de transmettre les informations, cela relève de leur vie privée."

À l'ULiège, les étudiants ont la possibilité de passer un test salivaire. Mais il n'est pas obligatoire. Les premiers résultats, diffusés vendredi dernier, montraient un taux de positivité de 1,54%, sur 4.447 échantillons testés.

Grand respect des règles dans les auditoires

Sur le terrain, les acteurs insistent: "Dans les auditoires, on voit un très grand respect des règles, que ce soit pour le port du masque, la distanciation", dit-on à l'UCLouvain. "Les étudiants ont envie de maintenir le travail en présentiel, ils en ont besoin." "Nous n'avons vraiment pas l'impression que l'université est source de contamination", dit aussi Alain Levêque. "Même si certains font la fête, nos jeunes sont conscients et respectent les règles".

"De nombreuses mesures ont été prises pour éviter la propagation du virus dans les salles de cours", confirme-t-on au cabinet de la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Glatigny. "Même si le risque zéro n'existe pas."

"Le risque d'aller au cours n'est pas plus grand que celui d'aller au cinéma. Il faut continuer à prendre ses précautions, mais (...). C'est ce qui se passe dans la vie privée des jeunes qui a un impact sur les chiffres."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral

"Les experts le disent: l'école n'est pas un vecteur de l'épidémie", insiste-t-on chez sa collègue Caroline Désir. Yves Van Laethem confirme: "Le risque d'aller au cours n'est pas plus grand que celui d'aller au cinéma. Il faut continuer à prendre ses précautions, mais il ne faut pas changer le code des écoles et unifs. C'est ce qui se passe dans la vie privée des jeunes qui a un impact sur les chiffres.

À l'ULB, Alain Levêque explique qu'avec le resserrement des normes à Bruxelles, les guinguettes qui avaient été mises en place ou des activités plus festives sur le campus ont été fermées jeudi matin. "Quant aux kots, nos agents de sécurité veillent aux dérapages et aux tapages nocturnes. Mais je ne pense pas que ce soit là que les fêtes se passent, plutôt ailleurs."

Sur cela, les écoles et les universités n'ont que peu de prise. Les étudiants sont des adultes, et les unifs n'ont pas le droit de régenter leur vie privée.

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