À l'aéroport de Liège, le départ de FedEx ne fait pas trop peur

Le départ de FedEx entraînera une perte de 20% du tonnage à l'aéroport de Liège. ©Hans Lucas via AFP

Le trou d'air provoqué par le départ de FedEx sera vraisemblablement compensé par l'arrivée de nouveaux acteurs et 500 millions d'investissements d'ici 2040.

Si la Wallonie n'avait plus connu un tel nombre de licenciements au sein d'une même entreprise depuis la fermeture des usines de Caterpillar à Charleroi il y a presque 5 ans, le cas de FedEx et les 671 emplois que l'expressiste veut supprimer à Liège reste fort différent.

Alors que les Américains de Caterpillar vivaient sur une île du côté de Gosselies, ceux de FedEx sont englobés dans un écosystème un plein croissance: l'aéroport de Liège. Et c'est certainement une bonne nouvelle pour les travailleurs qui vont perdre leur emploi. "La concurrence est là pour prendre le relai et engager", assure-t-on.

Une diversification salvatrice

Il suffit de plonger dans les chiffres 2020 de l’aéroport de Liège pour s’en convaincre. En pleine croissance grâce à l’e-commerce, les activités ont dépassé pour la première fois le million de tonnes de marchandises en transit sur le tarmac.

"FedEx, c'est aujourd'hui 40% du business de l'aéroport mais c'était 70% par le passé."

Porté par des acteurs comme AirBridge Cargo, Alibaba et sa filiale Cainaio ou Lachs, l’écosystème aéroportuaire abrite plus de 120 entreprises et occupe près de 9.000 emplois directs et indirects.

Cette diversification tant au niveau des compagnies que des activités comme dans le transport de chevaux, a permis à l’aéroport de se défaire de l’emprise de FedEx/TNT. "FedEx, c’est aujourd’hui 40% du business de l’aéroport mais c’était 70% par le passé", pointe-t-on.

Une perte de 20% du tonnage

Cela n'enlève évidemment en rien l'impact de la décision de FedEx qui a pris tout le monde de court à Liège. "La restructuration de FedEx est une surprise et n’a pas été concertée avec la direction de l’aéroport", explique l’aéroport aujourd’hui.

300
emplois
Alibaba devrait créer 300 emplois avant la fin 2021.

Au-delà des pertes d'emplois, les responsables de l'aéroports ont commencé à faire leurs comptes et à évaluer l'impact que ce départ allait provoquer sur les activités dès 2022. "Cela entraînera une perte de 20% du tonnage."

Il faut aussi intégrer les redevances que FedEx paie pour les services fournis par l'aéroport comme les emplacements de parking des avions ou le remplissage du fuel. "Sur le 1,1 million de tonnes de fuel que nous livrons, les avions de FedEx en consomment plus ou moins 200.000 tonnes", dit-on.

Un modèle économique qui tient

Si le choc social et économique n'est pas à sous-estimer, les responsables jouent la carte de la croissance. "Économiquement, la décision de FedEx a des conséquences mais qui ne mettent pas à mal le modèle, et qui justifient les décisions passées d'ouvrir à d'autres acteurs (Alibaba, etc.), de mener une politique de diversification (Ethiopian, AirBridge Cargo, ASL, Qatar…)", dit-on. "Cette perte pourrait être partiellement compensée par la croissance des opérateurs présents, le start des opérations de Cainiao et l'arrivée de nouveaux opérateurs."

Outre Alibaba et les 300 emplois qui vont se créer d’ici la fin de l’année, un acteur comme Lachs (400 emplois) est en pleine croissance et pourrait rapidement doubler. "Il y a aussi des sollicitations de nouveaux acteurs", explique un proche du dossier qui pointe le cas d’Air Belgium.

Une académie et 500 millions d’investissement

Pour répondre à toute cette demande, l’aéroport va prochainement lancer une Airport academy avec le Forem et Technifutur. "Le but est de former plusieurs centaines de personnes par an. On doit avoir des personnes employables directement."

Cette croissance sera enfin boostée par le plan stratégie 2020-2040 et les 400 à 500 millions qui seront investis dans le développement de l’aéroport et des terrains dédiés. "Stratégiquement, la vision 2040 n’est pas mise à mal et la diminution des activités de FedEx, qui reste et restera un client très important de Liege Airport, doit libérer des espaces que nous devons pouvoir exploiter à terme."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés