Aide d'urgence wallonne pour les maisons de repos et l'horeca

Chaque établissement horeca pourra recevoir entre 3.000 et 9.000 euros en fonction du nombre d'employés. ©EPA-EFE

La Wallonie débloque 257 millions pour aider l'horeca et augmenter les capacités de testing. Les tests salivaires vont être utilisés pour monitorer les maisons de repos.

"Il faut le dire, la situation est très très très difficile. Dans certains hôpitaux, la situation est proche de l'implosion", a tenu à souligner le ministre-président du gouvernement wallon Elio Di Rupo (PS) lors d'une conférence de presse tenue à l'Élysette ce mercredi. "Notre responsabilité est à la fois individuelle et collective.De nouvelles mesures restrictives paraissent inévitables. Il existe un vrai sentiment de lassitude qui s’est installé chez nos citoyens et nous pouvons le comprendre. Mais on doit agir", a-t-il encore souligné avant de détailler une série de décisions prises par son gouvernement PS-MR-Ecolo afin de soutenir en urgence le secteur de la santé ainsi que les entreprises touchées par la crise.

"De nouvelles mesures restrictives paraissent inévitables. "
Elio Di Rupo (PS)
Ministre-président du gouvernement wallon

En gouvernement, les ministres wallons ont ainsi débloqué 257,8 millions d'euros, un montant alimenté par les non-consommés budgétaires de l’année.

Sauvegarder les maisons de repos

Sur le front sanitaire, les 84 millions vont principalement servir à accroître les capacités de testing, tant pour l'ensemble de la population qu'auprès du personnel qui travaille dans les maisons de repos. Afin d’éviter un nouveau drame dans les maisons de repos, la Région wallonne va recourir aux tests salivaires (par gargarisme) auprès du personnel. "Il est important d'utiliser les techniques disponibles. Cela a donné des résultats concluants à l'université de Liège, et l'ULiège nous assure de la fiabilité des tests. Il faut donc avancer", estime la ministre de la Santé Christie Morreale. Les tests salivaires seront dans un premier temps uniquement utilisés dans les maisons de repos et les structures d'hébergement. "Il est important de monitorer les maisons de repos. Chaque semaine, l'ensemble du personnel sera testé", explique la ministre qui parle d'une capacité hebdomadaire de 30.000 tests disponibles les deux premières semaines, et 50.000 tests par la suite.

"Il est important d'utiliser les techniques disponibles. Cela a donné des résultats concluants à l'université de Liège, et l'ULiège nous assure de la fiabilité des tests. Il faut donc avancer."
Christie Morreale (PS)
Ministre de la Santé en Wallonie

La Région va également financer l'ouverture de 4 villages de dépistage à Liège, Mons, Charleroi et Namur. Ici, l'objectif est de diminuer la pression sur les centres de dépistage wallons. Ces derniers recevront par ailleurs un renfort en personnel. "Il est aussi important que les médecins puissent passer le relais à d'autres acteurs comme des logopèdes", estime la ministre. D'autres mesures d'urgence sont encore prises et visent à renforcer le personnel dans les maisons de repos.

Une bouffée d'oxygène pour l'horeca

À côté du volet sanitaire, le gouvernement met sur la table 154,4 millions pour l’horeca et les autres acteurs frappés par la crise.

À lui seul, le secteur des restaurants et des cafés, particulièrement touché depuis l'obligation de fermeture, recevra 81,6 millions d'euros. "Les indemnités iront de 3.000 à 9.000 euros en fonction de la taille de l'établissement", explique le ministre de l'Économie Willy Borsus. Ainsi, le restaurateur ou le cafetier qui n'a pas de personnel recevra 3.000 euros. L'indemnité monte à 5.000 euros entre 1 et 4 employés, 7.000 euros entre 5 et 9 employés et 9.000 euros pour les établissements de plus de 10 employés. D'après les estimations du gouvernement, 18.596 établissements sont concernés par la mesure.

"Les indemnités iront de 3.000 à 9.000 euros en fonction de la taille de l’établissement."
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Économie en Wallonie

Le gouvernement va aussi augmenter de 72,8 millions l'aide qui avait été décidée en septembre pour d'autres acteurs encore à l'arrêt, comme les voyagistes, l'évènementiel, les loueurs de salle, les forains. Moyennant une perte de 60% de leur chiffre d'affaires au troisième trimestre 2020 comparé au troisième trimestre 2019, le montant minimum de l'aide passera de 1.500 à 3.000 euros.

Enfin, l'exécutif a décidé de renforcer une série d’aides sociales.

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