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Année record pour les investissements étrangers en Wallonie

Cérémonie de signatures relatives aux projets du Groupe Alibaba en Belgique organisée le 5 décembre 2018 par le Gouvernement fédéral, Alibaba Group, le Gouvernement wallon, Cainiao Smart Logistics et Liege Airport. ©Photo News

Avec 1,825 milliard d’investissements étrangers et l’annonce de 2.875 emplois, les résultats 2019 sont les plus élevés en 20 ans.

Après une année 2018 déjà considérée comme exceptionnelle avec 1,142 milliard d’euros d’investissements étrangers et la promesse de la part des sociétés étrangères de créer 2.743 emplois en Wallonie, notamment grâce à des locomotives comme le chinois Alibaba ou l’éventuelle arrivée de Thunder Power, le cru 2019 explose les statistiques. D’après les chiffres fournis par le ministre de l’Économie, le libéral Willy Borsus, pas moins de 1,825 milliard d’investissements ont été annoncés par des entreprises étrangères en Wallonie l’année dernière. Cela fait du millésime 2019 le meilleur cru depuis l’an 2000.

La tendance est également à la hausse au niveau de l’emploi avec la promesse de la part des entreprises de créer 2.875 postes, soit encore un record depuis l’an 2000.

Les USA, premier investisseur étranger

Voilà pour les statistiques globales, qui regroupent 93 dossiers. Il faut cependant y apporter quelques explications.

Willy Borsus veut accélérer la mise à disposition des terrains pour les investisseurs.

Dans le pot des investissements étrangers sont logés les projets d’entreprises dont le siège social est situé en Flandre ou à Bruxelles. Cela fait partie des particularités belges. À ce titre, l’annonce toute récente du groupe pharmaceutique UCB (dont le siège est situé à Bruxelles) d’investir 300 millions sur son site de Braine-l’Alleud a permis aux statistiques de dépasser le niveau enregistré en 2011 et ainsi de terminer l’année sur ce nouveau record, tant au niveau des montants investis que des emplois annoncés.

Plus globalement, la part des investissements en provenance de Flandre et Bruxelles représente un peu plus de 608 millions, soit un tiers du total investi cette année par les entreprises étrangères. Les sociétés de Flandre et Bruxelles contribueront également à la création de 824 emplois.

Les Etats-Unis sont, eux, le premier pays investisseur véritablement "étranger" avec 563,6 millions d’engagements. À titre de comparaison, les USA pesaient 212 millions l’année dernière. En termes d’emploi, les entreprises américaines devraient permettre l’engagement de 505 personnes.

Derrière les USA, on trouve des pays comme la France (165 millions), l’Italie (165 millions) ou la Russie (150 millions). Quant à la Chine, après avoir été le premier investisseur étranger sur le sol wallon en 2018 avec 351 millions, son niveau d’investissement est redescendu à 1,17 million.

©Mediafin

Parmi les gros dossiers qui ont vu le jour, pointons les projets du sidérurgiste russe NLMK, avec un investissement de 150 millions dans la modernisation de ses lignes à La Louvière. Le groupe alimentaire italien Ferrero a lui annoncé un plan à 135 millions dans son usine d’Arlon. Le groupe indien Phillips Carbon va lui injecter 6 millions à Ghislenghien.

Les 3 points d’attention de Willy Borsus

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Tout en se félicitant de voir l’attractivité de la Wallonie une nouvelle fois au rendez-vous, Willy Borsus pointe trois pistes à suivre afin d’accroître les atouts wallons. "Nous avons besoin d’avoir des terrains disponibles supplémentaires pour continuer à accueillir des investisseurs. Aujourd’hui, 230 hectares sont mobilisables immédiatement, notamment pour de grandes implantations nécessitant plus de 10 hectares. À côté, nous avons plus de 700 hectares bruts mais ils ne sont pas tout de suite disponibles. La déclaration de politique régionale (DPR) prévoit la reconversion de 100 hectares par an. Il faut avancer."

Parmi les pistes qui seront étudiées par le gouvernement PS-MR-Ecolo pour accélérer la mise sur le marché d’anciennes friches industrielles, le ministre de l’Économie évoque des partenariats entre le public et le privé.

Demandes de permis

L’autre point d’attention mis en exergue par Willy Borsus concerne les procédures lors de la demande de permis. "Il faut sécuriser et accélérer les procédures en mettant en place une procédure Fast Track pour les dossiers stratégiques et pour certains investissements comme des hôpitaux. Le but est d’indiquer de façon claire à un investisseur le temps que prendra la procédure pour son dossier. Les recours vers le Conseil d’état sont des éléments d’insécurisation. Je ne veux évidemment par reculer d’un millimètre sur les droits des riverains et des citoyens, mais certains éléments de procédure pourraient être améliorés afin d’éviter d’éventuels recours."

Enfin, Willy Borsus estime que la Wallonie doit parvenir à gommer ses handicaps au niveau de mobilité des prix de l’énergie. "Les prix de l’énergie sont plus importants en Wallonie par rapport à la Flandre ou la France. C’est un handicap pour les entreprises électrointensives."

Parmi les pistes étudiées pour y remédier, Willy Borsus mène une série de réflexions autour d’un shift énergétique au bénéfice du gaz, sur les mécanismes de surcharge du coût de l’énergie ou sur les communautés énergétiques. "Mais il faut encore un peu attendre pour les résultats."

Stratégie: La banque foncière de la Spaque

Née sur les poubelles de l’ancienne décharge de Mellery, la Spaque, une société publique spécialisée dans la réhabilitation de friches industrielles polluées et de décharges pour le compte de la Région, fait partie des solutions pour proposer des terrains aux nouveaux investisseurs. "En une vingtaine d’années, nous avons réhabilité 59 sites. Cela représente 1.000 hectares; 23 sites ont été réaffectés, 26 sont en cours de réaffectation et 10 sites ont été placés en réserve foncière", explique Jean-François Robe, directeur général de la Spaque.

La Spaque dispose aujourd’hui de 338 hectares en réserve, dont une partie est dépolluée. "Avec les objectifs que se donne la déclaration de politique régionale, le stop au béton, etc., ce stock va forcément est utile, précise Hervé Briet, directeur de la stratégie. Mais il faudra aussi que nous anticipions l’assainissement des friches pour répondre aux enjeux de la DPR et cibler les sites au meilleur potentiel.

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